vendredi 23 avril 2010

TRANSPORT

CMA CGM se refait un nom



La compagnie maritime CMA CGM poursuit son effort de consolidation des volumes dans les ports des îles de la région dont ceux de Madagascar. Depuis l’année dernière, la CMA CGM a renforcé son positionnement dans la zone en nommant un représentant régional basé à La Réunion. Le nouveau nommé est chargé de renforcer les relations de la compagnie avec les importateurs et les exportateurs opérant dans la région. L’escale que la CMA CGM effectue chaque semaine à Mayotte lui permet par ailleurs de desservir le Nord Ouest de Madagascar grâce à un navire feeder qu’elle met en place entre Longoni, Diego Suarez, Nosy Be et Mahajanga. La compagnie annonce aussi avoir amélioré depuis quelques mois ses offres de transport vers l’Océan Indien depuis l’Asie. Rappelons que Delmas, filiale du groupe, a ouvert depuis 2008 un service hebdomadaire dédié à la desserte des îles de l'Océan Indien. Baptisé Mascareignes Express, il aligne, au
départ de Djibouti, quatre navires d'une capacité de 1700 EVP (Equivalent Vingt Pieds, taille standard du conteneur). La ligne offre des escales hebdomadaires à Port Victoria (Seychelles), Port des Galets (La Réunion), Port Louis (Maurice), Toamasina (Madagascar) et Longoni (Mayotte). Le service relie le Nord de l’Europe et la Méditerranée à l'Océan Indien grâce à des connections directes hebdomadaires à Djibouti sur les lignes EPIC (Europe, Pakistan, Inde) et MEX (Méditerranée, Asie) du groupe. Au départ de l’Europe, les conteneurs sont chargés à bord des navires de la ligne EPIC desservant Southampton, Hambourg, Anvers, Le Havre, Port Saïd et Djibouti. Au départ de la Méditerranée, les boites sont quant à elles embarquées sur les porte-conteneurs de la ligne MEX, desservant Valence, Barcelone, Fos, Gênes, Malte, Damiette et Djibouti.


A Madagascar, le Groupe est bien positionné sur le marché. Mais il doit se refaire une image depuis que des ONG ont accusé sa filiale Delmas de faciliter la destruction de la forêt tropicale en transportant les bois précieux comme le bois de rose abattu illégalement dans les parcs nationaux malgaches. Une accusation que CMA CGM a formellement démentie en affirmant que le Groupe réalise l’ensemble du chargement des marchandises qu’il transporte dans le plus strict respect des réglementations nationales et internationales. CMA CGM a en outre fait savoir qu’afin de se prévenir de tout chargement illégal la transporteur maritime a également, à son initiative, mis en place des procédures renforcées supplémentaires à Madagascar (triple vérification des documents et du chargement : deux contrôles par les douanes et un contrôle par la Task Force environnementale). Aussi, CMA CGM et sa filiale Delmas ne chargeraient à bord de leurs navires que du bois ayant fait l’objet d’autorisations émises par les plus hautes instances gouvernementales ainsi que de vérification et de validation pour l’exportation par les services des douanes et de la Task Force.

jeudi 22 avril 2010

INDUSTRIE

Holcim Madagascar

Deux poles de production sur l’île


Holcim Madagascar est implantée depuis plus de 50 ans à Madagascar et emploie 280 personnes à ce jour. Sur le marché malgache, la société compte deux pôles de production : une usine intégrée d’une capacité de production de 150 000 tonnes/an à Antsirabe (Ibity) et un silo d’ensachage d’une capacité de 180 000 tonnes/an situé à Toamasina. Le ciment est formé de 80% de chaux et de 20% d’argile. Il est obtenu après quatre étapes dont l’extraction des pierres dans les carrières, le mélange. Holcim qui possède le seul site de fabrication de clinker de toute la zone, fait partie de Holcim Outre-Mer qui regroupe les sociétés Holcim Réunion, Holcim (Mauritius) Ltd, Holcim Madagascar et Holcim Nouvelle Calédonie. L’année dernière, Holcim a initié une opération intitulée « Ainga vao 2009 » pour améliorer la qualité de ses produits. Auparavant, le leader malgache du ciment a constaté un vide lors du mélange du ciment avec de l’eau. Pour pallier cela, des recherches ont été effectuées et finalement, du calcaire a été ajouté à la mixture. Une nouvelle dénomination du ciment et une nouvelle couleur de l’emballage ont été faites pour faciliter la mémorisation de ces noms et couleurs. Le ciment Cem II / A 42,5 Ut est appelé Manda, Orimbato pour le Cem II /A 32,5 Ut et Lova pour le Cem II/ A 22,5 Ut. Le ciment Manda dont la couleur du sac était violette auparavant, sera désormais vendu dans un sac rouge. De même, le sac gris du ciment Orimbato sera changé en orange. Le sac vert du ciment Lova est en bleu. Avec un béton à résistance supérieure à 30 Mpa (mégapascal), Manda est à utiliser pour les grands travaux de construction. Holcim, dans sa politique de construction durable, projette de construire une école pilote faite à 100% de béton, y compris les bancs pour lutter contre la déforestation. Elle ne nécessitera ni bois ni électricité, ni climatiseur dans le but de préserver les énergies renouvelables. Son système de climatisation sera étudié par un architecte. Ce bâtiment à forte inertie thermique sera fondé à Tritriva, près de l’usine de Holcim à Ibity, dans la région Vakinankaratra. Holcim contribuera également au financement des études hydrogéologiques afin d’analyser le régime des eaux, d’étudier les manières de les maîtriser en approfondissant leurs comportements, ruissellements et les moyens de canalisation. Dans cette optique, elle compte appuyer le développement des surfaces cultivables à Antsirabe, notamment à Betafo et à Tritriva. En collaboration avec différents ministères, Holcim a ouvert une école de maçons incluant la formation sur les normes, le devis, le plan à Antananarivo puisque généralement, ceux-ci ont reçu une formation sur le tas. Elle a déjà sorti une trentaine de promotions. Les pneus déjà usés servent à la cuisson des matières premières pour la fabrication du ciment. Depuis l’année dernière, un fonds a été consacré à l’achat de filtres pour les cheminées de l’usine Holcim à Antsirabe.

vendredi 16 avril 2010

ECONOMIE


Commerce extérieur

L’Europe et l’Asie dominent


Il est envisagé, pour 2010, une augmentation importante des exportations en valeur de l’ordre de 24,3% car les industries extractives vont exporter plus par rapport à l’année dernière. Mais on table aussi sur une baisse des importations de 2 %. Il faut savoir que les exportations malgaches restent tournées vers l’Union Européenne si la part de l’Asie progresse rapidement dans les importations. Si les locomotives du commerce extérieur ont été durant quelques années les entreprises franches (textile, crevette/poisson) et les équipements destinées aux grands projets miniers, les entreprises minières ont pris le relais.


Selon les prévisionnistes, l’ouverture d’un nouveau port en eaux profondes à Fort Dauphin, la modernisation du port de Toamasina et de l’ensemble des procédures douanières, la liaison Internet par câble sous-marin, les projets en cours en vue d’exploiter de vastes gisements de bauxite, fer, charbon, et les résultats satisfaisants dans la prospection pétrolière permettent d’être plus optimiste. Mais la Grande Ile doit déployer des efforts pour faire émerger un tissu industriel capable de rivaliser avec les autres pays de la région. Et Madagascar n’apparaît pas toujours clairement inséré dans l’un des marchés régionaux (COI, COMESA, SADC). Le pays réalise moins de 15% de son commerce avec l’Afrique et l’Océan Indien, et reste structurellement tourné vers l’Union Européenne (70% des exportations malgaches) et la France qui demeure le premier client du pays, absorbant plus de 40% des exportations. Concernant les importations, les principales progressions sont enregistrées par l’Asie de l’Est - Chine et Japon cumulent désormais près de 15% des importations malgaches

ECONOMIE

Croissance attendue dans les secteurs


En ce qui concerne le secteur primaire, la croissance de la production devrait se stabiliser cette année aux environs de 2,6%. La branche agriculture devrait contribuer à hauteur de 15% de la valeur ajoutée totale de 2010.

Les projets qui accompagnent cette croissance sont ceux relatifs à la maîtrise de l’eau et à la réhabilitation des grands périmètres hydroagricoles. Il s’agit – au moins – du maintien de la production rizicole. Ainsi, la croissance attendue pour 2010 de la branche sera de 3,5%. Pour les autres secteurs, le gouvernement un objectif de croissance de 2,0% pour la pêche et l’élevage et de 1,0% pour la sylviculture. Dans le secteur secondaire, une croissance de 8,5% est prévue en 2010. L’industrie serait la principale actrice de cette croissance. En particulier, l’industrie extractive devrait enregistrer un taux de croissance de plus de 400%. Néanmoins, les ZFI et les industries textiles enregistreront des croissances négatives, respectivement de -15,0% et de -30,0%. Quant au secteur tertiaire, une légère croissance de 1,4% est attendue en 2010. Les mesures incitatives en faveur des branches du tourisme, des transports, des auxiliaires de transport ainsi que des activités liées au commerce international devraient permettre cette petite hausse. Les branches des BTP et des télécommunications devraient aussi enregistrer des croissances positives respectives de l’ordre de 3,0% et de 3,5%. Mais les opérateurs dus BTP ne ressentent pas encore la reprise dans leur secteur et attendent plus des autorités.

Par ailleurs, pour atteindre ces objectifs de croissance, le gouvernement espère contenir l’inflation avec un taux de 13,6% par rapport à 2009. Le ministère en charge des Finances explique que la maitrise de l’inflation dépend de la variation de la masse monétaire, et par conséquent du crédit à l’économie qui détermine le taux de change. Et ce département prévoit un glissement du taux de change si l’environnement politique ne s’améliore pas de façon conséquente. Pour cette année, la Grande Ile table sur un taux de croissance de 2,6%. Elle s’appuie sur une perspective de relance des activités économiques et la mise en œuvre de politiques fiscales et budgétaires incitatives. L’Etat compte également sur une relance des investissements publics. Mais tant que l’instabilité politique demeure, il ne sera pas possible d’envisager le retour des aides budgétaires dans les prochains mois. On pense toutefois pouvoir maintenir le déficit public à 3,2% du PIB. A noter que l’année 2009 a vu une harmonisation de la gestion des finances publiques avec la gestion de la masse monétaire de la Banque Centrale. Néanmoins, on insiste sur le fait que le ministère respecte toujours l’indépendance de la Banque Centrale qui reste la seule institution qui gère la masse monétaire. Enfin, d’autres variables exogènes comme la hausse du prix du pétrole viennent s’ajouter au glissement du taux de change. Le renchérissement du pétrole, dont le prix du baril dépasse actuellement les 85 dollars, est prévisible à cause de la reprise de l’économie mondiale.

vendredi 9 avril 2010

ECONOMIE


Secteur Informel

Un secteur vital



Plus de 80% de la population malgache serait dans l’informel. Un pourcentage très élevé que les analystes considèrent comme la principale faiblesse de l’économie de la Grande Ile. Mais de plus en plus d’économistes soutiennent qu’au lieu de tout mettre sur le dos du secteur informel, on doit désormais avoir une vision plus positive vis-à-vis de ce secteur qui serait le plus dynamique du pays. Ces derniers pensent que le mieux est de penser d’abord à créer un secteur semi-formel. On soutient par ailleurs que, malgré les difficultés rencontrées par les travailleurs informels, notamment le sous-emploi, l’installation dans ce secteur n’est pas subie mais largement volontaire, les travailleurs ayant un fort ancrage et un optimisme inébranlable quand à l’avenir de leurs activités. Les résultats économétriques confirment même que l’exercice d’un travail dans le secteur informel ne diminue pas systématiquement le niveau de bonheur individuel.

Ce que l’on reproche souvent au secteur informel, c’est qu’il n’apporte rien à l’Etat en impôts et taxes. En effet, on estime le manque à gagner de l’Etat à plus de 3000 milliards d’ariary chaque année à cause de la réticence des petits opérateurs économiques à s’enregistrer. Il faut savoir pourtant que l’informel permet aussi aux autorités d’échapper à une crise du chômage qu’ils ne pourront jamais solutionner. Selon les dernières statistiques, le secteur informel n’arrive pas à recruter le quart des 30 000 nouvelles demandes d’emploi annuelles. Il est en outre intéressant de rappeler que l’entrepreneur malgache choisit dans un premier temps d’être informel. Puis dans un second temps, s’il trouve qu’il est plus intéressant de se formaliser, il « légalise » son activité. La responsabilité de l’Etat est donc indéniable quand le nombre des micro-entreprises ne voulant pas intégrer le secteur formel est élevé.

TECHNOLOGIE


TIC

La révolution est en marche Après plusieurs années d’attente, il est maintenant certain que Madagascar a les moyens de devenir une importante destination TIC de la région Océan Indien. La libéralisation du secteur des télécommunications, l’inauguration du câble Lion, l’arrivée du câble sous-marin dans le cadre du projet « Eassy », la mise en place du backbone national, la création d’un parc technologique à Ivato, la création d’Orange Business School. Plusieurs réalisations qui permettront à la Grande Ile de donner une dimension nouvelle à son secteur TIC. Les TIC étant reconnues comme un outil puissant de développement, la révolution que connaît actuellement le secteur suscite la curiosité des observateurs économiques de la région et même de l’Occident. Mais le gouvernement doit encore déployer de gros efforts pour que l'accès de tous à ces technologies soit effectif dans les prochaines années. Les programmes y afférant se rapportent ainsi à la coopération avec les opérateurs et la facilitation du jeu de la concurrence pour la recherche d'une diminution des coûts d'accès, le lancement de programmes de développement d'accès communautaire. (Lire la suite sur abonnement au journal papier)

N E W S