mercredi 27 octobre 2010

DEVELOPPEMENT DURABLE


Produire et consommer, oui.
Mais gérer en même temps les déchets, c’est encore mieux

Qu’est ce que ça fait un million et demi de personnes dans une ville congestionnée comme Antananarivo ? « Ca fait 400 à 1000 tonnes d’ordures ménagères par jour. 1500 tonnes en saison de pluie à cause de l’arrivée en abondance des fruits sur le marché » nous a répondu Niry Rasamoelimihamina, Directeur de la SAMVA (Service Autonome de Maintenance de la ville d’Antananarivo). La gestion des ordures ménagères de la ville est un casse-tête permanent. Si on ajoute à cela la production d’eaux usées, on se rend compte que l’on vit sur une poudrière hautement toxique. Les organismes responsables de la gestion des déchets qui se sont succédés depuis des années à Antananarivo ont toujours été mis face à ce problème insoluble. La pression démographique, l’évolution des modes de consommation, la vétusté des infrastructures et le manque de financement ont mit la situation de l’assainissement de la ville dans une impasse. Ajouter à cela le manque de civisme de la population. Devant cet état des choses, la SAMVA a dû concentrer sa gestion sur la priorité vitale : la collecte, avec comme premier paramètre, le temps. Quatre bacs sont ramassés quotidiennement dans les marchés. A proximité des grossîtes en fruits et légumes, les bacs se remplissent en quelques heures tous les matins. Il ne s’agit ici que de bac à ordure, mais l’on ne parle pas encore des tonnes de détritus jetés à même le sol ou dans les caniveaux.
Les simples citoyens que nous sommes ne se rendent pas compte que gérer une ville, c’est gérer un flux incessant d’un ensemble d’éléments hétéroclites composé de biens de consommation, de moyens de transport, de personnes, d’argent et d’informations. Gérer ce flux de manière à préserver un environnement économique, social et naturel propice au bien-être de la population, c’est gérer un développement durable. Il faut se rendre dans les stations de pompage, voir les égouts de la ville ou visiter la décharge d’Andralanitra pour se rendre compte de la dimension des dégâts occasionnés par un développement non responsable et comprendre pourquoi, dans de telles conditions, il ne peut être durable. La baisse de la mortalité qui entraîne la croissance démographique et la hausse de la consommation sont des critères qui indiquent la croissance économique. C’est sur ces critères que les modèles économiques traditionnels se sont basés. Mais plus on produit des biens, plus on consomme et plus on produit de déchets. Des déchets qui en s’accumulant, ont fini par mettre en péril la capacité de l’environnement économique et social à produire convenablement, et donc à se développer.
Ce phénomène n’est pas propre à la capitale de notre pays. Dans le monde entier, l’urbanisation galopante a finit par rattraper l’économie. Pris de cours, les états prennent des mesures d’urgence, plus ou moins efficaces, pour tenter de réparer les erreurs du passé. Ce qui a donné des grands travaux de réaménagement des villes qui ont commencé depuis les années 80 en occident. A Antananarivo, rien n’a encore été fait. Le projet du « Grand Tana » n’a pas encore été effectif jusqu’à ce jour. Le premier pas sera fait avec la réalisation de deux grands projets de gestion des déchets de la ville d’Antananarivo financés par l’Agence Française de Développement (AFD) qui se fera en deux temps : la première phase sera la sécurisation de la décharge d’Andralanitra, et en deuxième phase, la gestion intégrée de déchets solides. Une clôture de plusieurs kilomètres sera construite autour de la décharge, ce qui permettra de règlementer la décharge sans des intrusions illicites. A l’intérieur des murs, les compacteurs et les bulls manoeuvreront pour déverser les déchets dans des alvéoles qui seront bouchés avec de la terre au fur et à mesure. C’est un système adopté d’urgence pour épargner les populations des villages voisins. La décharge sera fermée définitivement dans cinq ans. Entre temps, un plan social sera mis en place pour la réinsertion des familles vivant de cette décharge. On en sait encore rien de l’avenir de cette décharge après sa fermeture. Mais selon le Directeur de la SAMVA, les scientifiques assurent que les émanations nocives devraient être retenues par la chape de terre qui va boucher la totalité du terrain. Le deuxième volet du projet sera plus ambitieux et mettra en place un centre d’enfouissement technique du coté de Fieferana, doté d’un centre de triage et de recyclage permettant de produire des énergies renouvelables grâce aux biomasses. Deux autres sites de décharges de contrôle seront construits à Alakamisy et à Ambohidrapeto. Ces centres de déchetteries et les techniques de collecte seront conformes aux normes qui existent dans les pays industrialisés.

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