jeudi 18 novembre 2010

INDUSTRIE CACAO


Le cacao malgache dans l’industrie mondiale du luxe

Au début des années 2000, l’Union européenne sort une directive qui autorise l’ajout de 5% de matière grasse végétale autre que le beurre de cacao dans la fabrication de cacao. Sans le savoir, Madagascar, grand producteur de cacao, a beaucoup à perdre dans cette autorisation, qui laisse la porte ouverte à des types de chocolat mélangés et qui abandonnent toute forme de pureté. « Imaginez que l’on décide de verser 5% d’eau dans un château-petrus ! », s’insurge François Pralus, maître chocolatier de la maison Pralus. Selon l’expertise de la grande tradition des maîtres chocolatiers, le cacao le plus pur est le Criollo, cacao originel des Mayas, une variété rare qui ne constitue que 6% de la production mondiale de cacao mais qui se trouve très répandue à Madagascar. Les autres « cépages » de cacao sont le forastero, très robuste avec un goût corsé qui lui vaut le surnom de « robusta du cacao", cultivé majoritairement en Afrique, et le trinitario, une espèce hybride mélangeant la classe du criollo et la robustesse du forastero. Le trinitario est planté sur l’île de Java en Indonésie et au Trinidad.
Nous vous parlons de la qualité exceptionnelle du cacao de Madagascar car, à part la présence de l’acteur de référence local du cacao qui est la Chocolaterie Robert (à partir de 2 euros le kilo du chocolat sur le marché local) couvrant le marché malgache mais aussi l’île de la Réunion et Maurice, l’Europe et les Etats-Unis avec la gamme dédiée au marché nord américain, le Vaovao Chocolate, le paysage concurrentiel du cacao a évolué et les grandes maisons étrangères se sont installées sur l’île en opérant des acquisitions de cacaoyers par dizaines d’hectares.
Jean Paul Hévin fort de ses réseaux de boutiques qui vendent le chocolat de détail à 100 euros le kilo, 3 à Paris, 3 au Japon et 1 à Hong Kong est un maître chocolatier français et vante lui aussi l’arôme unique du criollo de Madagascar : « Notes de fruits rouges, attaque douce, puis montée en puissance, long en bouche ». Hévin sort de la grande tradition des chocolatiers français qui ont fait la recette des palets d’or à Moulins mais qui ont su s’adapter aux « nouveaux » types de cacao des tropiques. Artisan passionné, il a été élu « Meilleur Ouvrier de France » en 1986 dans le secteur pâtisserie-confiserie, c’est plus audacieux des maîtres chocolatiers qui ose mêler les arômes en élaborant des mariages subtils entre le cacao et la vanille de Madagascar, miel, bergamote ou châtaigne. Il se déplace régulièrement en Amérique du sud et à Madagascar en quête de nouveaux parfums.
François Pralus, « Meilleur Ouvrier de France 1982 » a pris la tête de la maison Pralus en 1988. La maison a été créée en 1948 par Auguste Pralus. La boutique Pralus à Roanne (France) sert la Praluline, la praline maison, la première fois en 1955 et jusqu’à aujourd’hui, elle maintient la tradition tout en innovant sur des nouveaux parfums du cacao et de la vanille de Madagascar qui ont donné naissance à la Pralisienne. Ce parfum se vend jusqu’à 800 unités les jours de week-end dans chaque boutique du réseau Pralus de France. François Pralus a fait une acquisition de 27 hectares de cacaoyers à Nosy Be en 2004. 20 personnes y travaillent depuis et ce quotidiennement pour maintenir l’état du sol et la qualité des 25000 plants afin d’obtenir le niveau optimal du cacao criollo. François Pralus entend récolter le fruit de cet effort cette année. Pralus a gardé le rythme du vrai artisan qui torréfie, concasse ses fèves et la maison fabrique son chocolat elle-même. Elle vend son chocolat de détail à 66 euros le kilo. François Pralus a collaboré avec Laurence Caillier, productrice de vanille à Madagascar pour sortir un livre écrit par Ingrid Astier à l’édition Agnès Viénot en 2007 : Vanille et Cacao, l’Or Noir de Madagascar.
Le challenger du cacao qui compte s’implanter à Madagascar est une héritière directe de la maison des chocolatiers de Bayonne, Pariès qui est une maison créé en 1895. C’est la cinquième génération qui dirige cette maison basque actuellement. Alain et Françoise Girardot qui affectionnent le contact humain traditionnel et compte s’intégrer sur la grande île avec un projet de Commerce équitable, le vrai qui opte sur le partage des résultats entre promoteurs, artisans, ouvriers et cultivateurs. Pariès vend son chocolat de détail à 67 euros le kilo.

mardi 16 novembre 2010

LEGISLATION


Revue MCI N°51 : le Droit du travail et l’entreprenariat à l’épreuve de la crise


Le numéro 51 de la revue de MCI pour le troisième trimestre 2010 relate plusieurs facettes du Droit de travail à Madagascar dans le contexte de crise que nous traversons. Quelques analystes y ont traité des cas précis qui reposent tout d’abord sur les principes fondamentaux du droit de travail par Herimanantsoa D. Razafiarison qui rappellent la liberté d’association, l’élimination de toute forme de travail forcé ou obligatoire, l’abolition du travail des enfants et de la discrimination en matière d’emploi mais surtout les principes régissant le contrat de travail.

La revue a aussi livré des réflexions sur le rôle de l’inspection du travail en temps de crise et surtout sur le fameux sujet du chômage technique. Ainsi beaucoup de points sont expliqués sur ces sujets sulfureux qui ont fait la une de plusieurs titres de presse durant la crise car il n’est plus à rappeler que ce sont les entreprises qui ont le plus souffert de cette crise. Et la dernière forme de résistance de ces entreprises pour ne pas mettre les clés sous la porte est le chômage technique. Il est pour mis à la connaissance des entrepreneurs que cette démarche est aussi régie par des lois pour équilibrer les dommages entre l’employeur et le travailleur. La revue de MCI a fait dans ce numéro une analyse comparative sur le même sujet du chômage technique mais aussi une explication sur le comité d’entreprise, partie prenant du dialogue social qui est normalement entrepris lors de décisions importantes sur la vie de l’entreprise et surtout sur les rapports entre les dirigeants et les employés. Ces recueils sont utiles pour les entreprises et les employés pour connaître les tenants et aboutissants d’une décision de chômage technique pour éviter les risques de conflits entre les deux parties, risques malheureusement non-évités sur plusieurs cas d’entreprises à Madagascar.

A part quelques conseils pratiques sur les visas de travailleurs et les visas d’affaires, les derniers points traités par la revue MCI relatent les conséquences directes de la crise sur la vie des entreprises et les recours juridiques possibles pour toutes les parties : le recouvrement de chèques impayés, la cession fiduciaire et les cliniques juridiques. Ce sont généralement des formes de conciliation pour régler des litiges qui sont nombreux en temps de crise comme on le constate.

mercredi 10 novembre 2010

CULTURE



Le Village, la passion Marine


Depuis 1992, Hervé Scrive et sa femme ne cessent de nous émerveiller avec leurs maquettes de bateaux faites de bois précieux de Madagascar. Ils peuvent mettre plusieurs essences de bois sur une même maquette selon les exigences des formes et des apparences de chaque élément, pourvu que rien ne trahisse l’ensemble. Un passionné comme Hervé Scrive ne laissera aucun détail échapper à son attention lors de la fabrication. Le résultat est toujours à la mesure de ce niveau d’exigence très élevé, une exigence qu’il a transmise lui-même à ses employés.

L’aventure a duré sept ans sur l’île Maurice. Mais l’île a atteint ses limites quant aux demandes en matériaux de bois précieux et de mains d’œuvre. Hervé Scrive a estimé plus judicieux de s’installer à Madagascar en 1992, après avoir livré le vaisseau Le Superbe (2,40m) au président Mitterrand alors en visite officielle sur l’île. Depuis, ce vrai manager doublé d’un passionné a quantifié la différence de taille sur le rendement et sur la qualité du travail fait entre Madagascar et l’île Maurice : « 25% moins cher mais avec un doigté d’or inégalé », selon Hervé Scrive. De plus le palissandre et l’ébène de Madagascar qu’il sèche au soleil pendant une année entière pour un séchage au cœur lui satisfont entièrement.

Depuis, le Village est passé de 2 employés à une cinquantaine, que le fondateur considère comme une famille. Les modèles aussi se sont multipliés jusqu’à une soixantaine, « tous des souvenirs extraordinaires » selon Scrive : un tiers de bateaux de travail comme les thoniers ou les sardinières de Sables-d’Olonne, un autre tiers de grands voiliers historiques comme le célèbre brick négrier Bounty, et le reste fait de voiliers de courses célèbres comme le Shamrock ou l’America, mais aussi un Pen Duick... Ses clients sont aussi prestigieux que ses modèles : les ambassades de France, d’Allemagne, de Grèce à Madagascar, puis le Musée Océanographique de Monaco, l’Elysée,…

Les réseaux de distribution de l’atelier Le Village sont les piliers de cette réussite : les galeries d’hôtels à Madagascar et sur l’île Maurice, 8 musées et associations de la Marine en France, 3 galeries en DOM TOM, une galerie en Russie et en Ecosse.

dimanche 7 novembre 2010

ENTREPRISES


Après Air France et Air Mauritius, Air Madagascar projette de passer commande à Airbus.


Et de deux.

Avec l’annonce tonitruante d’Air France de renforcer sa flotte à destination de Madagascar, la compagnie mauricienne Air Mauritius a elle aussi fait savoir son intention de remplacer pour la saison standard d’hiver son A319 par des A330 et A340 vers Madagascar. Ces deux compagnies qui connaissent bien le marché de l’aviation malgache ont toutes annoncé que la reprise s’annonce. Ce qui veut dire qu’une compagnie qui rate ce virage pourrait se retrouver à la traîne à long terme sur le marché malgache. Le directeur régional d’Air Mauritius Ahmad Jhummun, a annoncé que sa compagnie a retrouvé le niveau de croissance de 2008 après une réduction du nombre de vols hebdomadaires de 5 à 4 en 2009, année de la crise. Air Mauritius a profité de cette occasion pour lancer sur la destination Madagascar l’offre Kestrelflyer, créée en 2002, qui s’appuie sur une politique de fidélisation des clients au nombre de voyages effectués sur la compagnie par miles. C’est une politique qui rentre en concurrence frontale à l’offre de miles à gagner d’Air France, une offre née avec la crise internationale. Le grand gagnant de tout ce remue-ménage est l’avionneur Airbus. Celui-ci a mis en service le modèle A340 pour que ses compagnies clientes puissent mettre sur le marché l’offre intermédiaire entre les classes Affaires ou Première et la classe Economique. Les passagers de l’A340 gagnent ainsi en confort sans payer le prix fort. On sent ainsi la pression mise en place par Airbus sur l’Océan Indien pour verrouiller le marché de la reprise.

Jamais deux sans trois.

Et l’annonce par le président de la HAT Andry Rajoelina en présence d’un vice-président d’Airbus au Palais des Sports et de la Culture à Mahamasina de la possibilité d’acquisition d’appareils par la compagnie nationale Air Madagascar confirme la tendance de la reprise et surtout rassure les observateurs quant à la réaction de la compagnie malgache face aux mouvements enclenchés par ses concurrents sur le marché malgache. Et le président de marteler qu’il est grand temps que nous passions à des investissements à la pointe des nouvelles technologies et surtout à la rencontre des vraies demandes du marché.

ENTREPRISES


Madagascar, première destination de la Classe Premium Voyageur d’Air France



Air France a remplacé le Boeing 777 par l’appareil Airbus A340 jusqu’au 26 mars 2011. Ce remplacement entre dans le cadre de la reprise du rythme de 4 vols hebdomadaires pour la compagnie française à destination d’Antananarivo. Jean François Richard, Administrateur Directeur Général a présenté ce nouvel appareil lors d’une conférence de presse à la Tour Zital, représentation d’Air France à Antananarivo. C’est un rythme classique faisant partie du standard d’hiver de la compagnie. Madagascar sera le premier pays à bénéficier de la classe « Premium Voyageur » sur l’Océan Indien. Cette classe fait partie des trois classes qui constituent les vols d’Air France : Affaires, Premium Voyageur, Voyageur. C’est une classe intermédiaire entre la classe Affaire, la classe Economique et Voyageur. C’est nouveau positionnement pris par Air France en 2009 face à la crise pour pouvoir commercialiser une nouvelle offre auprès de sa clientèle. Les sièges offres un espace plus large, et se présente par une coque fixe qui améliore considérablement le confort à bord. En effet, cette nouvelle classe va créer un nouveau segment de clientèle qui ne veut pas payer plus cher pour la classe Affaire mais qui pourtant recherche un certain confort au-delà de la classe Economique. Air France a répondu à cette demande car ce segment a gonflé sur plusieurs destinations à travers le monde avec la crise économique mondiale de fin 2008 – 2009. Selon toujours Jean François Richard, Air France a dépassé le niveau des mauvais résultats de 2009 et se rapproche des niveaux de 2008, année record de l’arrivée des touristes à Madagascar. La compagnie Air France a par ailleurs fait savoir qu’elle installera une borne d’enregistrement libre –service à la Tour Zital à Ankorondrano en vue d’accueillir une vague croissante d’engagements sur le vol Antananarivo – Paris.

N E W S

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