M a r c h é s

ECONOMIE MALGACHE


Edito de Tsirisoa Rakotondravoavy

CREM brûlé


Comment peut-on être actuellement contre l’Etat interventionniste dans un pays comme Madagascar, surtout de la part d’économistes, quand beaucoup de pays, des grandes banques « sous perfusion de l’Etat » et même des multinationales comme Boeing et Airbus ont bénéficié de l’intervention des gouvernements américains et français. Et que ferez-vous des 77% des malgaches, pauvres, livrés aux dents des importateurs et spéculateurs ?

L’annonce par le CREM, le Centre de Réflexion des Economistes de Madagascar, du danger qui nous guette en constatant que l’Etat se pique du démon de l’interventionnisme, a été saluée dans les dîners en ville de fin de semaine regroupant l’establishment et les puissants groupements économiques constituant la crème de l’industrie nationale. Cette annonce entre en effet en droite ligne de l’opinion quasi unanime que ces groupements ont déjà émise ces dernières semaines : celle de l’étatisation imminente de l’économie malgache. Même la Banque Mondiale s’est invitée au bal en regroupant autour d’une table les opérateurs privés des télécoms, représentants du gouvernement, l’OMERT. Au menu, un os, un très gros que personne n’arrivera à avaler : la passerelle internationale unique assaisonnée d’une petite arête de poisson de 7% en plus plantée par l’Etat, datant d’il y a quelques années, une petite arête de poisson que les opérateurs voudraient bien qu’on enlève du réseau pour que le trafic de communication ne soit plus perturbé et pour que tout le monde puisse passer du 3G+ au 4G sans grande difficulté car l’objectif pour les opérateurs, c’est d’avoir les mêmes menus à Paris, à New Delhi et à New York, sachant que seuls 22% des malgaches peuvent se permettre cette offre. Et la Banque Mondiale de rappeler aux entités présentes que la Centrafrique a déjà essayé une fois d’avaler le tout, le gros os et l’arête, et ça lui est resté au travers de sa gorge qu’il lui fallait une hospitalisation immédiate pour remédier au tout. Devant cette mise en garde, le représentant de l’Etat a vite fait de rappeler à tout ce beau monde que les textes (décret d’application 2005-23) et la mise en place du prochain menu, incluant l’ARTEC, est en cours de finalisation. Sur le gros os qu’est la PIU, il a bien évité de commenter en gardant les yeux plantés sur son assiette.

Revenons à la rencontre du CREM car la fin illustrait bien le débat qui prévaut actuellement, que ce soit chez les économistes ou dans d’autres cercles de non-initiés comme… Facebook. Un des membres du CREM a en effet mis le pied dans le plat en rappelant que si l’Etat laisse faire, les opérateurs et les importateurs, des grandes sociétés d’importation et de distribution et des compagnies pétrolières, imposeront inévitablement le menu, les prix et même les conditions sur lesquelles les pauvres consommateurs pourront consommer, sachant qu’à titre de rappel, l’Instat a communiqué que 77% d’entre eux sont pauvres, nécessiteux, dans l’impossibilité d’acheter ce que ces mêmes opérateurs et commerçants mettront sur le commerce : PPN, communications, carburant… Arriverons-nous à vivre et à supporter cela ? Priez pour que vous ne fassiez pas partie des 77% cités par l’Instat. C’est justement la question qui se pose sur ce sujet de débat qui fait rage entre des malgaches sur Facebook actuellement : « Qui n’est pas pauvre ? ». Comme je l’ai dit à mes amis : personne ne répondra, et là, c’est certain sur 100% des sondés.

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