jeudi 17 mai 2012

TECHNOLOGIES - MADAGASCAR


Plus fort et plus beau, tel son avatar

 par Tsirisoa Rakotondravoavy

Tout va très vite. C’est notre constat sur les choses, et sur le temps. Le temps que l’on dispose et celui que l’on perd à courir partout avec l’impression de n’avoir rien fait de concret. Pour comprendre ce changement que certains imputent à la « révolution numérique », il nous faut suivre l’évolution de notre relation avec les informations et les objets physiques qui nous servent de supports ou de terminaux. En outre, la différence de perception entre les générations s’est creusée au fil des décennies, au point que les jeunes depuis les années 2000 ont pris l’informatique pour une réalité préexistante. Il arrive que c’est impensable pour ces derniers d’imaginer la vie de leurs parents sans Internet, sans le téléphone mobile et sans les réseaux sociaux.
En moins de vingt ans, nous avons oublié ou « on » nous a fait oublier le papier et l’encre, le compact disque et la gravure numérique, l’image argentique sur papier, et toutes sortent de savoirs inhérents à beaucoup trop de disciplines oubliées. La disparition du téléphone fixe dans nos domiciles s’est fait sans que personne ne remarque que nous avons gagné la lutte contre la contrainte d’espace et de temps. Les câbles ont disparu du hall d’entrée de nos maisons et chacun est maintenant joignable dans sa chambre, les mieux équipés se sentent même acquérir chez eux la puissance d’un hub d’informations et de données avec l’arrivée des réseaux sociaux. L’Homme que nous avons connu auparavant n’existe plus, nous sommes maintenant face à « l’Homme connecté », pour qui les limites du temps et de l’espace se sont estompées. Chacun a même acquis cette habitude inavouable de lisser son profil, sons avatar, sur les réseaux tels les maquilleurs des plateaux de tournage avec les acteurs. Tout le monde devient cet hub incontournable, à l’image des relais des réseaux téléphoniques remplaçant les câbles encombrant et coûteux.
Cette évolution a apporté beaucoup pour les générations actuelles et futures sur le plan de la connaissance, de la sécurité et la santé. Des derniers éléments qui ont fait défaut à « l’Homme d’avant Internet », et causant même des taux de mortalité élevés dans beaucoup de pays. Maintenant, nous pouvons contrôler nos enfants par le GPS, nous pouvons établir un planning de suivi de notre santé avec l’avis du médecin en temps réel en ligne, … L’espérance de vie dans le monde est passée de 48 à 69 ans entre 1950 et maintenant. Les femmes ont acquis un outil de planning de vie formidable à travers les connaissances partagées sur le web car elles ont leur premier enfant à 28 ans en 2011 contre 23 dans les années 70.
Nous héritons du plus beau patrimoine collectif venant de la technologie numérique : la mémoire globale disponible à tous sur Internet. Le meilleur moyen de se rappeler d’une information n’est-il pas de retrouver les pages qui la contiennent sur le web. Le nombre de malgaches inscrits et participant à au moins un réseau virtuel est de 230.000 en 2011 et le taux de pénétration du téléphone mobile a dépassé les 30% à Madagascar en 2011. Ainsi, notre manière de penser a été modifiée sans que l’on ne s’en rende compte, les maux des années 80 et 90 comme l’isolement et l’angoisse sur l’avenir semblent avoir été dépassés par ces communautés virtuelles, capables de travailler en collaboration pour des causes humanitaires mais pour renverser des gouvernements…

Le revers et le prix à payer sur cette vitesse sont pourtant réels, car nous sommes restés dans notre condition humaine malgré ces changements. Beaucoup se posent la question si on arrive à suivre le rythme effréné imposé à tout le monde par la technologie. « J’arrive, je suis en chemin maintenant », tel est la phrase souvent entendu prononcée par un individu scotché au téléphone courant dans les cages d’escalier, fulminant dans les embouteillages et ou tout simplement assis tranquillement sur une table de restaurant. Cette phrase témoigne que nous avons perdu le contrôle sur le temps et l’espace en voulant les maîtriser et nous avons durablement installé l’urgence.

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