mardi 10 mars 2015

Le Fespaco, aspirine du tourisme burkinabé en transition

par Nicolas Marmié / Journal de l'Economie
Le rideau rouge est retombé sur la 24ème édition du Festival pan-africain du cinéma de Ouagadougou. Alors que le Burkina Faso reste en zone orange du Quai d'Orsay pour les voyageurs français, que Bamako la voisine est frappé par les terroristes narco-islamistes, que rode le virus Ebola aux frontières occidentales et que le pays s'apprête à désigner son nouveau président après un an de transition militaire; le tourisme burkinabè traverse une crise sans précédent. Les touristes occidentaux; toujours accueillis à bras ouverts; ont presque déserté le "pays des hommes intègres" et le Fespaco est vécu comme une véritable bouffée d'oxygène pour promouvoir la destination. Venus d'une trentaine de pays, les festivaliers ont, entre deux projections, "ambiancé" les centaines de maquis et de night clubs de la capitale.
"Les 'Nassara' (Blancs) sont de retour, c'est bon pour le business" se rejouit Bawa propriétaire d'un maquis (bar de rue) jusque là au bord de la faillite. Pendant une semaine, Ouaga la rebelle a bougé aux rythmes de la Rumba congolaise, du reggae revendicatif et guévariste de Smokey et les salles de cinéma Burkina et Neerwaya affichaient "complet plus plus", un tableau festif arrosé de centaines d'hectolitres de Castel "the best, best, beer in the world", selon le festivalier malien Dicko.
Le cinéaste marocain Hicham Ayouch (petit frère de Nabil Ayouch) a été honoré de l'Etalon d'or "Yenenga" pour son long métrage "Fièvres" tourné en France. Le jeune homme, qui vit à Paris, a remercié le jury avec, selon le Figaro, "un discours s'est par moment mué en diatribe contre le néo-colonialisme".
Emu, le lauréat marocain de nationalité française a confessé : "Je n'ai pas besoin d'aide, j'ai besoin d'une coopération qui cesse d'exploiter notre continent et qui cesse de faire couler des rivières (...) Je suis Africain et fier de l'être. On nous a volé notre passé, on a tenté de voler notre histoire, mais notre culture nous appartient et il est temps de prendre les choses en main maintenant». Le centre français national de la cinématographie (CNC) a en revanche été épargné à défaut d'avoir été mentionné. Le film Timbuktu (du réalisateur mauritano-malien Abderrhamane Sissako), dont la première projection en compétition sur le continent africain a été maintenue contre vents et marées a en revanche été quasiment ignoré par le jury. Autre grand absent du palmarès de cette 24ème édition, le surprenant film "Rapt à Bamako" du malien Cheick Oumar Sissoko qui décrit de façon saisissante le mode opératoire et la cupidité des preneurs d'otages occidentaux dans en Afrique sahélienne.

Le réalisateur malgache Lova Nantenaina a lui été honoré par la critique pour son saisissant documentaire "Ady Gasy" (la voie malgache). Alors que les Burkinabè se passionnent pour les sitcoms africains, l'énergisante ivoirienne Marie-Christine Amon a également mérité son prix pour la série "Chroniques africaines". 
Après cette pétillante semaine, les festivaliers ont troqué leurs Ray Ban chinoises et leurs chemises hawaïennes ou bayfal pour une tenue civile de passagers aériens. La Royal Air Maroc, dont le PDG Driss Benhima avait spécialement fait le déplacement à Ouagadougou, a officiellement assuré le transport de la quasi-totalité des festivaliers. Saluant l'engagement des puissants partenaires marocains de cette édition,  le ministre burkinabè de la Culture et du Tourisme, Jean-Claude Dioma, a salué "l'excellence de ce partenariat sud-sud", véritable bouffée d'oxygène pour l'art et pour le tourisme africain.

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