jeudi 29 décembre 2016

Wall Street et ses milliardaires : l'effet Trump fonctionne

Les marchés, incarnés par Michael Douglas dans "Wall Street Money never sleeps", ont tiré profit de l'élection de Donald Trump

Journal de l'Economie | Tsirisoa Rakotondravoavy


NEW YORK - 29/12/2016 - L'agence Bloomberg, elle-même appartenant au milliardaire et ancien maire de New York Michael Bloomberg, a publié la liste des plus grosses fortunes mondiales pour l'année 2016. A la lecture de cette liste, le cru 2016 des milliardaires annonce, avant la prise de fonction de Donald Trump le 20 janvier prochain, le retour de la grande Amérique dans les affaires, thème central de la campagne des Républicains pro-Trump. Depuis son élection en novembre, la promesse de campagne de Trump sur sa politique de relance économique et la dérégulation dans plusieurs secteurs industriels et des services financiers a apporté des effets prématurés sur les marchés et les grosses fortunes. L'indice Dow Jones a frôlé les 20.000 points et les prises de bénéfices des grands groupes se succèdent avant la fin de l'année. Les fortunes des milliardaires ont augmenté de 5,7%, une hausse de 237 milliards de dollars, et a atteint les 4.400 milliards de dollars le 27 décembre 2016.


Quatre américains occupent le top 5 des premières fortunes de la planète, selon Bloomberg. Le premier, Bill Gates créateur de Microsoft et patron de la holding Cascade, un habitué des sommets, se retrouve à la tête d'une fortune estimée à 91,5 milliards de dollars, en augmentation de 9,8 milliards de dollars en 2016. Il est suivi par Warren Buffett, surnommé "l'oracle d'Omaha" avec son véhicule financier Berkshire Hathaway, affiche 74 milliards de dollars, en hausse de 19% après l'élection de Trump. L'espagnol Amancio Ortega, l'homme le plus riche d'Europe, fondateur du groupe Inditex propriétaire entre autres de la marque Zara, a glissé à la troisième place avec 71,2 milliards en perdant 1,7 milliards de dollars en novembre. La quatrième et cinquième place sont occupées respectivement par Jeff Bezos, patron d'Amazon avec 67,2 milliards et Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook, à 51,2 milliards de dollars. 

Le mexicain Carlos Slim a glissé à la sixième place du classement après une perte de 3 milliards et dont la fortune s'est chiffrée à 49,2 milliards. Les deux grandes fortunes européennes Bernard Afirnault, Pdg de LVMH et Liliane Bettencourt, héritière de l'Oréal, sont estimées respectivement à 39,8 milliards et 35,8 milliards de dollars, et figurent dans le top 15 mondial.

Les groupes industriels américains ont également profité du vent favorable sur les marchés. Boeing va bénéficier d'une commande de 80 appareils commandés par l'Iran, à 16,6 milliards de dollars dont la moitié sera payée cash. Lockheed Martin a promis de baisser le prix de l'avion de chasse F-35 après la critique de Donald Trump sur son prix, trop cher pour le gouvernement. Le groupe Sprint, appartenant au milliardaire japonais Masayoshi Son, va rapatrier 5.000 emplois aux Etats-Unis. Panasonic va investir 30 milliards de yens (235 millions d'euros) pour une usine de Tesla qui sera opérationnelle dès 2017 à Buffalo (Etat de New York). Le groupe Halliburton, un des appuis financiers du tandem George W. Bush - Dick Cheney, accusé d'avoir dissimulé des résultats financiers liés à des plaintes liées à l'utilisation d'amiante en 1998, va payer 100 millions de dollars pour stopper une action de groupe (class action) qui a remonté jusqu'à la Cour Suprême des Etats-Unis.

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