lundi 10 juillet 2017

L'AFD change de statut et engagera 23 milliards d'euros en Afrique

Le changement de statut en société de financement permettra à l'AFD de mobiliser plus de ressources financières pour ses projets de développement (photo : Remy Rioux, DG de l'AFD). 


Par Tsirisoa Rakotondravoavy | Journal de l'Economie  


PARIS- 10/07/2017 - Très présente dans les pays en développement, notamment en Afrique francophone, l'Agence Française de Développement (AFD) est active dans des projets de développement de 70 pays dans le monde. En avril 2017, l'agence a organisé un colloque à Paris sous le thème "Tout Afrique : les enjeux d'une approche continentale". Depuis juin 2017, les choses ont évolué et l'AFD, dirigée par Remy Rioux, a changé de statut, passé d'établissement de crédit au statut de société de financement. La Banque Centrale Européenne (BCE) a donné son accord.

Le statut d’EPIC (Etablissement Public Industriel et Commercial) de l’AFD ainsi que ses objectifs demeurent les mêmes. Mais la différence est que l’institution sera désormais supervisée par l’autorité française de régulation des activités de banque et des assurances à la place de la BCE. Les émissions obligataires de l’AFD ne seront plus éligibles au refinancement par la BCE en tant qu’Actifs Liquides de Haute Qualité.

A travers ce nouveau statut de l'AFD, la France reprend le terrain perdu sur le plan économique et géopolitique, notamment en Afrique. L'ancien statut d'établissement de crédit imposait en effet des contraintes jugées trop rigides pour le mécanisme dans les projets de financement de l'agence. Son statut de société de financement permettra à l'AFD d'agir avec plus de souplesse dans les mobilisation de ressources et le déploiement de nouveaux projets.

Il faut noter que l'AFD a engagé 4 milliards d'euros en 2016, dont la moitié était destinée à l'Afrique subsaharienne et le Maghreb. "Sur les cinq prochaines années, ce sont 23 milliards d’euros qui devraient être engagés par l’AFD sur le continent", a conclu Remy Rioux.

Le directeur général Remy Rioux a argumenté dans ce sens devant le Sénat français que l'AFD n’avait  bénéficié ni du refinancement de la BCE ni des dépôts de la clientèle. Les contraintes à respecter à travers certaines règles ont limité l'AFD dans la mobilisation de ses fonds propres. Désormais, l'agence pourra s'orienter vers des ressources du marché des capitaux et accroître le volume de ses interventions. Une des principales contraintes est le ratio "grand risque". Celui-ci a toujours empêché l’AFD de mobiliser au-delà de la limite de 25% de ses fonds propres sur de nombreux projets. 

L’AFD pourra ainsi répondre aux besoins de financement dans les pays en développement. Le développement durable et la réponse aux changements climatiques seront les nouveaux curseurs de l'agence. Ce changement de statut est également un premier dans le processus ramenant à une fusion avec la Caisse de dépôts et de consignations (CDC).

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