La succession de Giorgio Armani se précise progressivement, mais la cession d’une première participation dans le groupe pourrait prendre plus de temps que prévu. Décédé le 4 septembre 2025 à l’âge de 91 ans, le créateur italien avait organisé les grandes lignes de la transmission de son entreprise dans son testament. Celui-ci prévoit notamment la cession d’une participation initiale de 15 % du capital dans les 18 mois suivant son décès, soit une échéance située autour de mars 2027.
Selon les dernières informations, cette échéance ne serait toutefois pas juridiquement contraignante. La Fondation Giorgio Armani, qui joue un rôle central dans la succession, pourrait ainsi privilégier les conditions de la transaction plutôt que le respect strict du calendrier prévu dans le testament. Le processus de cession reste à ce stade à ses débuts. Irving Bellotti, banquier chez Rothschild & Co et administrateur de la Fondation Giorgio Armani, aurait indiqué en avril que les travaux préparatoires commenceraient en 2026, mais que la transaction pourrait ne pas être finalisée avant 2027, compte tenu de sa complexité.
Le testament de Giorgio Armani désigne trois groupes comme acquéreurs prioritaires pour cette première participation : LVMH, L’Oréal et EssilorLuxottica. Ces entreprises entretiennent déjà des liens avec la maison italienne. L’Oréal est notamment partenaire d’Armani dans les parfums et les produits de beauté. EssilorLuxottica travaille avec la marque dans le secteur de la lunetterie. LVMH, de son côté, a déjà manifesté par le passé son intérêt pour la maison italienne. La Fondation Armani entend néanmoins conserver une marge de négociation afin d’évaluer les différentes options et les conditions proposées. Le choix du futur partenaire ne devrait donc pas seulement dépendre de sa capacité financière, mais également de son adéquation avec les orientations définies pour l’avenir du groupe.
Une autre possibilité reste par ailleurs envisagée : une introduction en Bourse. Cette solution permettrait de préserver la gestion de l’entreprise entre les mains de la famille et de ses dirigeants actuels, sous la supervision stratégique de la fondation. La réflexion sur l’avenir de la maison intervient dans un contexte économique moins favorable. Selon les informations rapportées par Corriere della Sera, le directeur général d’Armani, Giuseppe Marsocci, a indiqué au conseil d’administration de la fondation qu’au cours des deux premiers mois de 2026, le chiffre d’affaires net du groupe avait diminué de 7,5 % à taux de change courants et de 3,9 % à taux de change constants par rapport à la même période de l’année précédente. Le groupe a également engagé des mesures de réduction de ses coûts d’exploitation, pour un montant annoncé de 25 millions d’euros.
Sans enfant, Giorgio Armani avait prévu une transmission impliquant plusieurs membres de sa famille, notamment ses nièces Silvana et Roberta Armani ainsi que son neveu Andrea Camerana. La Fondation Giorgio Armani doit également jouer un rôle important dans la préservation des orientations stratégiques de la maison. La cession des 15 % ne constituerait que la première étape du dispositif. Le testament prévoit qu’une participation supplémentaire puisse être transférée au même acquéreur au cours des trois à cinq années suivantes, jusqu’à atteindre potentiellement 54,9 % du capital. L’enjeu dépasse donc la seule première transaction. Il s’agit de déterminer la structure de contrôle et le modèle de gouvernance qui permettront à Armani de poursuivre son activité après la disparition de son fondateur, tout en préservant l’identité d’une maison longtemps construite autour de son indépendance.


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