vendredi 1 février 2013

Madagascar pourrait vendre des rizières aux réunionnais

Madagascar serait éligible pour fournir du riz classé AB biologique pour la restauration collective à la Réunion. La réalisation de ce projet est en étude pour que les deux parties soient gagnantes.


par Tsirisoa Rakotondravoavy

Rizières des hauts plateaux de Madagascar

Le Fonds International de Développement Agricole (FIDA) a engagé une étude en 2011 avec des scientifiques du réseau QualiREG pour l'identification et la qualification d'un fournisseur en riz dans la région Océan Indien. Madagascar serait le seul à pouvoir satisfaire cette demande pour l'île de la Réunion, plus précisément, pour des restaurants scolaires sur l'île française, voisine de la Grande Île. Ces restaurants scolaires seront obligés de se fournir en riz classé AB (agriculture biologique) et la production rizicole malgache possède cette qualité. La signature du ministère français de l'Agriculture du Grenelle de l'Environnement stipule en effet que le taux minimal en produits classés AB dans la restauration collective est de 20%, et depuis, les milieux scolaires et universitaires sont en réflexion pour trouver des fournisseurs capables de produire sous cette contrainte.
Le taux serait facilement atteint en se fournissant en produits provenant de Madagascar, en tout cas, le riz bio malgache réunit toutes les conditions techniques pour fournir le secteur de la restauration collective à la Réunion. Reste à étudier les pistes sur la logistique d'approvisionnement pour ne pas se retrouver sur des coûts exorbitants.

Réserves émises

Malgré la clarté du rapport final de cette étude de FIDA-QualiREG, des réserves sont émises par les deux parties sur les modalités d'application de ce projet. Vente de terre aux réunionnais ou fourniture de riz par les malgaches? Le site réunionnais Clicanoo parle de projet d'achat de rizières à Madagascar par la Réunion. ( http://www.clicanoo.re/355651-la-reunion-veut-acheter-des-rizieres-a-madagascar.html )
La chambre de l'Agriculture réunionnaise présidée par Jean-Yves Minatchy souhaite le succès de ce projet tout en précisant que "cet accord doit se limiter au riz". Il souhaite ne pas constater que les étals sur le commerce d'aliments ne soient pas inondés de produits de Madagascar et que les producteurs réunionnais se retrouvent face à une déferlante de produits agricoles malgaches réputés bio.
La partie malgache a émis d'autres réserves concernant la capacité de la filière riz à continuer à fournir le marché malgache tout en honorant ce nouvel accord sachant que la production en riz paddy à Madagascar en 2012 a à peine dépassé les 6 millions de tonnes. Le souci de la partie malgache se trouve sur le prix pratiqué sur le marché local qui pourrait augmenter si la demande réunionnaise ou celles des îles voisines augmentent. Il ne faut pas oublier le projet global en gestation de faire de Madagascar le grenier de l'Océan Indien, adopté depuis le dernier Forum économique des îles de l'Océan Indien. Les malgaches, les plus gros consommateurs mondiaux en riz, à 100 à 120kg par personne par an, ne pourront jamais acheter à des prix alignés à ceux des îles voisines au cas où les producteurs locaux optent pour cet alignement de prix.
En outre, la Grande Île porte toujours le traumatisme sur l'idée de ventes ou d'exploitation de terres malgaches par des étrangers, un projet qui a provoqué la chute du régime précédent et la crise politique incessante sur l'île.


La Grande Île ambitionne de réduire de 10% à 20% l'importation de riz et d'atteindre les 12 millions de tonnes par an en 2018, c'est-à-dire l'autosuffisance alimentaire. Un rapport du Cirad explique que le réchauffement climatique pourrait être bénéfique à la filière riz à Madagascar, car ce dernier produit, contrairement aux pays producteurs de riz en Asie, du riz pluvial favorisé par la température élevée pour la floraison, l'accélération de la maturation du riz et l'augmentation du rendement par hectare.


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