vendredi 3 mai 2013

Le microcrédit à Madagascar, dernier recours anticrise


Contrairement aux idées reçues, la crise politique qui perdure n’a pas forcément accentuée la déprime des entrepreneurs. Les malgaches ayant vécu différentes crises économiques, possèdent un réflexe d’indépendance économique, appelé communément débrouillardise, en se fondant dans l’entreprenariat plus dans le désir d’autonomie économique que de fuite en avant.

par Hery Andriamiandra

Selon une des agences de micro-finance installées à Madagascar  depuis 2006, la croissance du produit pour les PME a connu une hausse de plus de 110 % depuis 2011, les comptes épargne et comptes à vue s’envolant à plus de 150%.
Une autre agence de micro finance a augmenté son capital à partir de 2011, inaugurant ainsi un vent d’optimisme dans ce genre de financement des petites et moyennes entreprises.   Selon un des nos interlocuteurs, la diversification, voir l’abandon d’un créneau pour un autre, le non accès aux banques plus méfiantes, explique en partie cette explosion  de la micro-finance en cette période en théorie peu propice en entreprenariat. Selon un analyste, « les malgaches ayant vécu différentes crises économiques, possèdent un réflexe d’indépendance économique, appelé communément débrouillardise, en se fondant dans l’entreprenariat plus dans le désir d’autonomie économique que de fuite en avant ». Dans ce cas la prise de risque est maximalisée  par l’optimisme de jours meilleurs.
Selon les analyses de Nathalie Assouline et Christine Poursat d’Alia Développement lors d’un séminaire sur la micro-finance organisé par l’Agence Française de Développement, en 2008, la croissance de l’activité de crédit se situe en moyenne annuelle autour de 60% , avec un fort ralentissement en 2009, début de la crise politique, chutant à 28%  , étant le fait d’Institut de micro finance mutualistes, alors que l’encours d’Institut de micro finance non-mutualistes  incluant l’arrivée sur la Grande Île de sociétés de micro-finances s’envolent à plus de 121 % . En résumé, l’encourt de crédit  poursuit son expansion depuis décembre 2006 jusqu’à nos jours, malgré la crise politique.
Même phénomène concernant l’encourt d’épargne, toujours en hausse malgré l’incidence politique qui débute en janvier 2009.


Tout n’est pas rose pourtant dans le meilleur des mondes. Des retards de remboursement sont constatés sur la cote Est, avec pour conséquence un remboursement par l’assurance de 85% des fraudes ! D’après nos sources, des demandes d’indemnisation auprès de l’assureur peuvent atteindre 290 millions d’Ariary. Cela pousse des compagnies d’assurance à se désengager d’institut de micro-finance (IMF), en raison de l’augmentation du risque de fraudes. Pour leur part les IMF doivent s’assurer de la solvabilité de leur client, pour mettre en confiance les assureurs.                                                                                                             En juillet 2009, soit 4 mois après le changement de régime, la Banque Centrale de Madagascar  a hébergé la Centrale des Risques de la Micro-Finance (CRM) dont la gestion reste confiée au secrétariat général de la Commission de Supervision Bancaire et Financière (SG-CSBF).  Les IMF sont tenues de déclarer au SG-CSBF l’intégralité des crédits consentis à leur clientèle ou membres, quel que soit le montant de leurs encours, ainsi que les informations relatives à ces bénéficiaires dans les formes prévues à savoir les crédits décaissés, incluant les crédits octroyés sur fonds publics ou privés affectés, et les engagements par signature. L’encours d’un crédit est défini comme le montant mis à la disposition effective du bénéficiaire, déduit des remboursements y afférents et hors intérêts courus. Les crédits dont les encours sont nuls doivent être déclarés pendant une période de cinq ans.

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