lundi 10 juin 2013

Polémique autour de la méconnaissance de la redevance aéroportuaire

Les autorités aéroportuaires se soucient principalement de la sûreté des avions afin d'empêcher que des actes ou des produits pouvant mettre en danger le vol d'un avion puissent pénétrer dans les appareils. En protégeant les avions, le système de sûreté mis en place est aussi utilisé pour empêcher que des marchandises illicites puissent passer par nos frontières aux aéroports.

Enquête de Christian Berthelot pour le Journal de l'Economie

Décomposition théorique d'un billet d'avion long courrier pour les trois dernières années
Actuellement, la mise en place d'un système de sûreté efficace aux aéroports est indéniablement une nécessité. Cela pour deux raisons. La première est que nos aéroports doivent se mettre aux normes du Code malgache de l'Aviation Civile (CMAC) en matière de sûreté. Ce code est conforme aux recommandations de l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI). La deuxième raison est que nos aéroports sont utilisés pour le passage de marchandises illicites de toutes sortes. Il est à noter que l'Autorité de l'Aviation Civile se soucie principalement de la sûreté des avions afin d'empêcher que des actes ou des produits pouvant mettre en danger le vol d'un avion puissent pénétrer dans les appareils. En protégeant les avions, le système de sûreté mis en place est aussi utilisé pour empêcher que des marchandises illicites puissent passer par nos frontières aux aéroports. C'est pour cela qu'à partir du 12 juin, la décision d'application du 03 juin 2013 sur la redevance de sûreté aéroportuaire (RSA) dans huit aéroports de Madagascar prendra effet. Comme annoncé sur les médias malgaches, les passagers qui utilisent les aéroports d'Ivato Antananarivo, Nosy-Be, Tamatave, Manjunga, Diego Suarez, Fort-Dauphin et Sainte-Marie auront à s'acquitter de cette redevance de sûreté. A titre d'information, tous les grands aéroports internationaux appliquent déjà ce type de frais pour le même objectif de sûreté et de sécurité dans le secteur aérien. Si la RSA est de 14,35 dollars US HT pour les aéroports gérés par l'ADEMA pour les vols long courrier et 3 dollars US TTC pour les vols à l'intérieur de Madagascar, à titre d'indications, la RSA appliquée à New York est de 4,50 USD HT, Paris-Orly 14,18 USD, Martinique 14,80 USD, la Réunion 11,71 USD, Sénégal 11,62 USD ou Cameroun 29,45 USD.


Il est à noter que la RSA finance les huit aéroports gérés par l'ADEMA concernées par la RSA à payer aux guichets et où tout restait à faire : mis à part les travaux d'infrastructure courants, les aéroports ont à faire l'installation d'une logistique de sécurité et de contrôle, contrairement aux cas des autres aéroports internationaux cités en haut où tous les investissements en infrastructure sont déjà amortis.

Les passagers arrivant ou partant de Madagascar ignorent la répartition des taxes et redevances dans le coût total d'un billet. On annonce que les taxes et redevances constituent 44% du prix total d'un billet d'avion alors qu'en réalité, elles n'en sont qu'à 8% du coût total. Il est à rappeler que dans un billet se trouvent aussi des postes inconnu du passager comme un poste dénommé "surcharge Compagnies" chargé d'amortir la fluctuation du prix du carburant que la compagnie a exigé, alors que la fluctuation d'un intrant dans un produit ou service commercial devrait être supportée totalement par le revient réel dans l'offre commerciale. D'autres postes montrent des taxes appelées "taxes françaises" pour les appareils entrant dans un aéroport français, ou encore cette taxe de solidarité pour le sida, créée par l'administration Ravalomanana en son temps (voir tableaux). Ces postes chargent considérablement le prix d'un billet long courrier, si on prend l'exemple du vol Antananarivo-Paris, et qui fait de Madagascar et de l'océan Indien la destination la plus chère du monde. Rappelons que sur un milliard de touriste en 2012, 500 millions ont pris l'avion et seulement 2 millions sont allés sur les îles de l'océan Indien.

La mise en place du système de sûreté aux aéroports est en cours et sa mise en place complète à l'aéroport d'Ivato sera effective en décembre 2013. Le fait que la RSA soit perçue par l'Aviation Civile de Madagascar directement auprès des usagers crée une polémique. L'ACM explique que pour des raisons d'organisation de certaines compagnies, l'intégration de la RSA dans le prix des billets n'est pas encore possible. Cependant ce recouvrement direct n'est que temporaire et sera remplacé par la suite par un système plus adéquat.

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