mercredi 27 novembre 2013

Messagerie : un secteur très actif

Dossier de Liva Rakotondrasata

Le secteur malgache de la messagerie affiche un dynamisme intéressant et les entreprises opérant dans ce domaine attendent avec une certaine impatience la promulgation prochaine de la loi sur le commerce électronique. Cette loi attendue pour 2014 devrait en effet booster leurs activités. Les partenariats et les investissements pour se mettre aux normes se multiplient actuellement comme c’est le cas chez DHL Madagascar qui vient de doter son centre de tri d’un nouveau scanner dual-view à rayon X. DHL Madagascar, installée dans la Grande Ile depuis 1986 et dirigée par Mamy Rakotondrainibe, est le leader de son secteur (messagerie internationale) avec une part de marché de plus de 50%. La société emploie plus de 70 personnes et dispose d’un centre de tri appelé Gateway dans la zone aéroportuaire d’Ivato (Antananarivo). Elle y possède un entrepôt de 350 m2 et d’un vaste parking. Elle y représente aussi d’autres marques comme Euro Express et Danzas. Elle est donc bien placée pour tirer son épingle du jeu quand le e-commerce va donner une nouvelle dimension au secteur des livraisons express à Madagascar.
Mais  le numéro un du marché fait face à une concurrence plus rude surtout depuis l’arrivée de l’autre géant mondial, Fedex. La société américaine basée à Memphis est représentée à Madagascar par Interex, fruit d’un partenariat avec le groupe Rennel, représentant de la marque Fedex à l’île Maurice, et de la FTL, une société malgache spécialisée dans la gestion. Quant aux autres, à l’instar d’UPS, ils ne comptent pas non plus jouer les figurants et font preuve d’une certaine agressivité commerciale.

Colis Express mène la danse
Côté marché national, c’est Colis Express qui joue actuellement le rôle de leader. Pour s’ouvrir de nouveaux horizons, il s’est allié avec Fedex et compte renforcer encore sa position sur des services annexes comme le transfert d’argent et la location de véhicules utilitaires. Aujourd’hui, cette société fondée par Charles Rabenarivo est un prestataire bien connue des entreprises et aussi des particuliers du pays. C’est le plus grand réseau de messagerie et colis express sur la Grande Ile. Créée il y a 20 ans, l’entreprise ne s’est pas imposée facilement. Mais à partir de 1994, les activités économiques sont plus dynamiques et le volume des colis à transporter augmente sensiblement. Ce qui va provoquer l’arrivée des premiers concurrents locaux.
La société Mad Pack est, pour sa part, l’un des principaux concurrents de Colis Express. Elle est la détentrice de la licence TNT Courrier International et a procédé depuis 2001 à la mise en place d’un véritable réseau national en commençant par ouvrir 8 agences d’un coup, couvrant les provinces malgaches. La société a ensuite développé son réseau afin de mieux servir les régions les plus dynamiques. Les envois interprovinciaux sont assurés  essentiellement par voie aérienne avec un service porte à porte, assuré par des agents TNT garantissant ainsi une traçabilité  de l’expédition (les envois destinés à l’exportation sont acheminés gratuitement jusqu’à Antananarivo). Sous l’impulsion de son directeur général, Olivier Bersia, Mad Pack est aussi partie à la conquête des marchés mahorais et comoriens où elle dispose d’agences depuis maintenant plus de 10 ans.

La « Paoma » doit jouer le jeu
Les nouvelles exigences des entreprises exportatrices vont mettre au jour de nouveaux gisements de profit aussi bien pour la vieille poste malgache que pour les entreprises qui sont déjà sur le créneau de la livraison et de la logistique.  Notons que les mastodontes de la messagerie comme UPS, DHL ou Fedex, spécialistes de la livraison rapide internationale, sont déjà sur le marché depuis de nombreuses années. Et le concept du « juste-à-temps » va transformer le marché du colis. Des entreprises « artisanales » vont se concentrer pour offrir à leurs clients des réseaux de plus en plus vastes. De ce fait, des entreprises ayant déjà les expériences requises et les moyens pour investir vont se retrouver en position de créer de nouvelles galaxies du transport et de la logistique. 
Quant à la Paositra Malagasy (Paoma), elle est loin d’avoir suivi la révolution postale qui a bouleversé le secteur dans de nombreux pays. Certes, la poste malgache a diversifié ses activités et adopté une approche plus moderne dans sa façon de travailler et d’aborder ses clients. Elle a par exemple développé des partenariats dans différents domaines dont celui du transfert d’argent. Mais elle ne dispose pas de plateformes logistiques ni d’un management adaptés lui permettant de s’imposer sur le marché de demain. A savoir par exemple que la poste néerlandaise n’a pas hésité à racheter, il y a déjà plus de 15 ans, la firme australienne de messagerie TNT et la compagnie Jet Services. L’Etat néerlandais a aidé sa poste à financer ce développement, lui attribuant l’argent de la privatisation du téléphone. D’industrie de main d’œuvre, les postes sont devenues une industrie capitalistique.  Mais l’administration postale de la Grande Ile reconnaît qu’elle est aussi en train de vivre un moment critique de son existence.

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