Marché de l'art : des perspectives plus optimistes

Le marché mondial de l’art semble avoir retrouvé son dynamisme. Pour Bonnie Brennan, directrice générale de Christie’s, les salles de vente, en ligne comme sur l’ensemble du marché, ont de nouveau sourire. Un soulagement partagé par l’ensemble du secteur, alors que le produit mondial des ventes d’œuvres d’art aux enchères avait atteint l’an dernier son plus bas niveau depuis 2009, selon Artprice.


Le marché mondial de l’art semble avoir retrouvé son dynamisme. Pour Bonnie Brennan, directrice générale de Christie’s, les salles de vente, en ligne comme sur l’ensemble du marché, ont de nouveau sourire. Un soulagement partagé par l’ensemble du secteur, alors que le produit mondial des ventes d’œuvres d’art aux enchères avait atteint l’an dernier son plus bas niveau depuis 2009, selon Artprice.


Les perspectives sont nettement plus optimistes. Christie’s estime des ventes mondiales avoisinant les 6,2 milliards de dollars pour 2025, soit une progression de 6 %, dont 4,7 milliards issus des seules enchères publiques. De son côté, Sotheby’s se montre encore plus ambitieux, avec des estimations de 7 milliards de dollars de ventes totales (+17 %), dont 5,7 milliards pour les enchères. Une tendance encourageante qui nourrit déjà la confiance des maisons pour l’année 2026, comme le souligne Charles Stewart, directeur général de Sotheby’s.


Ce regain est principalement porté par les enchères publiques, véritables vitrines des grandes maisons. Celles-ci enregistrent une croissance de 8 % chez Christie’s et de 26 % chez Sotheby’s, même si les niveaux restent encore inférieurs aux records de 2023. La fin de l’année a toutefois marqué un tournant spectaculaire pour Sotheby’s. Dans ses nouveaux locaux new-yorkais du Breuer Building, la maison a signé une vente historique avec le Portrait d’Elisabeth Lederer de Gustav Klimt, adjugé pour 236,4 millions de dollars après vingt minutes d’enchères haletantes. Hormis le Salvator Mundi attribué à Léonard de Vinci, aucune autre œuvre n’avait atteint de tels sommets. Deux jours plus tard, Sotheby’s frappait à nouveau les esprits avec un autoportrait de Frida Kahlo, devenu le tableau le plus cher jamais peint par une femme.


Christie’s n’est pas en reste. À New York, la maison a réalisé ses meilleures ventes de novembre depuis trois ans, totalisant près de 965 millions de dollars, portées notamment par un Rothko vendu plus de 62 millions. Parallèlement, le marché des biens de luxe continue de séduire les acheteurs. Les ventes dans cette catégorie frôlent les 800 millions de dollars chez Christie’s et atteignent 2,7 milliards chez Sotheby’s. Symbole de cet engouement, un sac Birkin d’Hermès a été adjugé pour 10,1 millions de dollars, un record absolu.


Les ventes privées gagnent du terrain


La dynamique se confirme également en France. Sotheby’s enregistre à Paris une hausse spectaculaire de 30 % de ses ventes aux enchères, tandis que Christie’s, malgré un léger recul, affiche des résultats solides dans un contexte de comparaison défavorable. Artcurial et Drouot participent aussi à cet élan, ce dernier évoquant des « résultats remarquables ». Avec des ventes marquées par des records, dont un Picasso adjugé 32 millions d’euros le 24 octobre dernier, Paris s’est imposée, le temps d’une semaine, comme la capitale mondiale de l’art.



La dynamique se confirme également en France. Sotheby’s enregistre à Paris une hausse spectaculaire de 30 % de ses ventes aux enchères, tandis que Christie’s, malgré un léger recul, affiche des résultats solides dans un contexte de comparaison défavorable. Artcurial et Drouot participent aussi à cet élan, ce dernier évoquant des « résultats remarquables ». Avec des ventes marquées par des records, dont un Picasso adjugé 32 millions d’euros le 24 octobre dernier, Paris s’est imposée, le temps d’une semaine, comme la capitale mondiale de l’art.


A remarquer en outre que loin des projecteurs et des enchères spectaculaires qui font la une des médias, les ventes privées occupent une place de plus en plus stratégique dans le marché de l’art. Organisées par les grandes maisons de ventes, elles se déroulent dans la plus stricte confidentialité : ni le nom de l’acheteur ni celui du vendeur ne sont révélés, pas plus que le montant de la transaction ou parfois même l’identité de l’œuvre concernée. Cette discrétion, loin d’être un frein, constitue précisément leur principal atout.


Les chiffres récents confirment la solidité de ce segment. Chez Sotheby’s, les ventes privées ont atteint 1,2 milliard de dollars, soit 17 % du volume total des ventes du groupe et malgré un léger recul. Une proportion significative, qui témoigne de l’importance de ces transactions dans le modèle économique de la maison. Christie’s affiche quant à elle une stabilité remarquable, avec 1,5 milliard de dollars de ventes privées, un montant identique à celui de l’année précédente et représentant près d’un quart de ses ventes mondiales.


Un besoin croissant de confidentialité 


Ces résultats illustrent un changement structurel dans les habitudes des grands collectionneurs et des investisseurs. De plus en plus, ces derniers privilégient des acquisitions en dehors des salles de vente, à l’abri des regards et des surenchères publiques. Les ventes privées offrent un cadre rassurant, permettant des négociations sur mesure, souvent longues et complexes, adaptées aux attentes des deux parties. Elles répondent également à un besoin croissant de confidentialité dans un contexte où la transparence des prix et l’exposition médiatique peuvent dissuader certains vendeurs.



Ces résultats illustrent un changement structurel dans les habitudes des grands collectionneurs et des investisseurs. De plus en plus, ces derniers privilégient des acquisitions en dehors des salles de vente, à l’abri des regards et des surenchères publiques. Les ventes privées offrent un cadre rassurant, permettant des négociations sur mesure, souvent longues et complexes, adaptées aux attentes des deux parties. Elles répondent également à un besoin croissant de confidentialité dans un contexte où la transparence des prix et l’exposition médiatique peuvent dissuader certains vendeurs.


Le niveau des œuvres concernées souligne par ailleurs l’importance de ces transactions. Christie’s indique que 17 œuvres ont dépassé le seuil des 15 millions de dollars dans le cadre de ventes privées. Un chiffre révélateur de la qualité et de la rareté des pièces proposées, souvent des chefs-d’œuvre de l’art moderne ou contemporain, mais aussi des œuvres majeures de l’art ancien. Ces ventes constituent ainsi un canal privilégié pour la circulation d’œuvres exceptionnelles, parfois trop rares ou trop sensibles pour être exposées à l’aléa d’une enchère publique.


Pour les maisons de ventes, ce segment représente également un levier stratégique. Les ventes privées permettent de fidéliser une clientèle ultra-haut de gamme, d’élargir les services proposés et de lisser les fluctuations du marché. Elles offrent une plus grande prévisibilité des revenus et réduisent les risques liés aux invendus, tout en renforçant la relation de confiance entre la maison et ses clients. Dans un marché de l’art en quête de stabilité après des périodes de forte volatilité, les ventes privées apparaissent ainsi comme un pilier discret mais incontournable. À l’écart des records spectaculaires et des coups d’éclat médiatiques, elles contribuent en profondeur à la vitalité du secteur et redessinent durablement les équilibres du marché mondial de l’art.

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