Le gouvernement allemand a finalement renoncé à envisager une taxation des boissons sans sucre, après plusieurs jours de polémique autour d’un projet préparé par le ministère des Finances. L’idée d’inclure notamment des sodas édulcorés comme le Coca-Cola Zero dans le champ d’une future taxe sur les boissons a suscité des critiques politiques et économiques.
Mercredi, le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a confirmé qu’il ne présenterait pas de dispositif imposant spécifiquement les boissons sans sucre. « En tant que ministre des Finances, je ne présenterai pas une taxe qui imposerait les boissons sans sucre », a-t-il déclaré devant la presse, à l’issue d’un séminaire gouvernemental organisé à Neuhardenberg, à l’est de Berlin. Le responsable social-démocrate a qualifié cette hypothèse d’« absurde ». La controverse avait éclaté après la divulgation de documents de travail élaborés par l’administration du ministère des Finances. Selon ces propositions, la future taxation des boissons aurait pu concerner un ensemble plus large de produits que les seules boissons contenant du sucre. Des sodas édulcorés, certaines boissons lactées aromatisées ainsi que des vins et bières sans alcool figuraient parmi les produits susceptibles d’être concernés.
Le projet envisageait une taxation progressive comprise entre 26 et 38 centimes d’euro par litre, selon la teneur en sucre des boissons. Les recettes potentielles étaient évaluées entre 2 et 4 milliards d’euros par an. Ce montant dépassait largement les quelque 650 millions d’euros initialement envisagés par la coalition gouvernementale. Cette différence a alimenté les critiques contre le ministère des Finances. Des représentants du monde économique ainsi que plusieurs responsables conservateurs de la CDU ont estimé que le projet répondait davantage à des objectifs budgétaires qu’à une logique de santé publique. Selon eux, l’extension du dispositif à des boissons ne contenant pas de sucre renforçait les interrogations sur la finalité réelle de la mesure.
Une version amendée du texte, diffusée mardi soir, avait déjà prévu plusieurs exemptions. Elle maintenait toutefois les boissons édulcorées dans le champ potentiel de la taxation. Lars Klingbeil avait alors publiquement marqué son opposition à cette hypothèse, notamment dans un message publié sur Instagram. Le ministre a finalement présenté les documents à l’origine de la polémique comme une « réflexion interne » et a confirmé l’abandon de toute taxation visant les boissons sans sucre.
Le gouvernement allemand continue néanmoins de travailler sur l’instauration d’une taxe applicable aux boissons sucrées. Celle-ci devrait entrer en vigueur à partir de l’année prochaine et vise notamment à générer des recettes supplémentaires dans un contexte de difficultés financières croissantes pour le système public de santé allemand. Les modalités définitives du prélèvement restent toutefois à préciser. Le débat provoqué par les premières propositions montre que la définition des produits concernés et l’équilibre entre objectifs sanitaires et impératifs budgétaires devraient rester au cœur des discussions à venir.


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