La Commission européenne veut renforcer le cadre applicable aux locations de logements de courte durée dans les zones touristiques confrontées à des tensions sur le marché immobilier. L’exécutif européen a présenté une proposition destinée à donner davantage de cohérence aux règles nationales et locales, alors que plusieurs grandes villes ont déjà adopté des restrictions visant notamment les plateformes, au premier rang desquelles : Airbnb.
À Paris, Barcelone ou encore Venise, les autorités ont instauré ces dernières années différentes mesures pour limiter l’essor des locations touristiques de courte durée. Ces dispositifs, conçus pour préserver l’offre de logements destinée aux résidents permanents, ont toutefois donné lieu à plusieurs contestations judiciaires. La Commission européenne cherche désormais à établir un cadre commun permettant de mieux définir les conditions dans lesquelles de telles restrictions peuvent être mises en place. La question du logement abordable est devenue un sujet politique majeur dans plusieurs pays européens. Dans les destinations très touristiques, la progression des locations de courte durée est régulièrement accusée de contribuer à la réduction de l’offre disponible pour les habitants et à la hausse des loyers.
Les jeunes générations figurent parmi les catégories particulièrement exposées à ces difficultés, qui ont également alimenté des mobilisations dans plusieurs villes européennes. « Il y a un an, j’ai promis de m’attaquer au problème de l’accessibilité au logement en Europe », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Selon elle, la proposition constitue une étape supplémentaire pour apporter « davantage de clarté et de soutien aux autorités locales et aux communautés », tout en tenant compte des réalités propres à chaque territoire.
Le dispositif proposé doit encore être examiné et approuvé par les États membres et le Parlement européen avant une éventuelle entrée en vigueur. Il prévoit notamment un premier cadre européen commun pour évaluer les situations de tension sur le marché du logement. Les autorités pourraient s’appuyer sur différents indicateurs, parmi lesquels le niveau du rapport entre les prix de l’immobilier et les revenus des ménages, ainsi que son évolution au cours des dix dernières années. Bruxelles précise que les éventuelles restrictions visant les locations de courte durée devront être justifiées par des éléments objectifs. Elles devront être nécessaires, proportionnées et limitées aux secteurs effectivement concernés par une pénurie de logements. Le texte exclut également le principe de rétroactivité.
Airbnb estime pour sa part que le problème dépasse celui des plateformes de location. Le groupe appelle à davantage d’efforts en matière de construction, de rénovation et de remise sur le marché des logements actuellement inoccupés. Son responsable des affaires gouvernementales pour l’Union européenne, George Mavros, considère que la réglementation devrait cibler les territoires où les tensions sont réellement avérées. La CCIA Europe, qui représente notamment des entreprises du secteur numérique, réclame de son côté un contrôle indépendant des restrictions ainsi que des mécanismes de recours jugés suffisamment efficaces. Son responsable des politiques, Alexandre Roure, estime que l’absence de garanties pourrait fragiliser la sécurité juridique des opérateurs.
On sait par ailleurs qu'Airbnb accélère son développement dans le secteur hôtelier en recrutant Pepijn Rijvers au poste de directeur commercial. Ancien dirigeant de Booking.com puis de TripAdvisor, il supervisera notamment les activités liées aux hébergements, aux hôtels et aux marchés internationaux. Cette nomination illustre la volonté de la plateforme de diversifier ses sources de revenus alors que la réglementation encadrant les locations de courte durée se resserre dans plusieurs marchés. Cette stratégie s’inscrit dans une démarche amorcée depuis plusieurs années. Après avoir ouvert sa plateforme aux hôtels indépendants et acquis HotelTonight en 2019, Airbnb relance ses efforts pour élargir son offre d’hébergement. L’entreprise cherche également à développer d’autres segments du voyage, notamment la location de voitures, dans une logique de plateforme intégrée couvrant plusieurs services touristiques.


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