Les Seychelles modernisent leur réseau de transport public avec la mise en circulation de leurs premiers bus électriques. Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un programme pilote destiné à évaluer l’adaptation de cette technologie aux conditions particulières du réseau routier de l’archipel.
Les véhicules ont été officiellement présentés et mis en service au siège de la Seychelles Public Transport Corporation (SPTC), à New Port. La cérémonie s’est déroulée en présence du président Patrick Herminie, du vice-président Sébastien Pillay ainsi que de la ministre des Transports, des Ports et de l’Aviation civile, Véronique Laporte. D’une capacité de 34 passagers chacun, les deux bus électriques seront exploités sur l’île principale de Mahé. Leur mise en circulation doit permettre aux autorités et à l’opérateur public de recueillir des données sur leur fonctionnement avant d’envisager une extension progressive de cette technologie au sein du parc de la SPTC.
Une station de recharge destinée aux nouveaux véhicules a également été inaugurée dans le cadre du programme. Les bus disposent de plusieurs équipements destinés au confort et à l’information des voyageurs, notamment la climatisation, une connexion Wi-Fi, des ports USB et un système d’information pour les passagers. Ils sont également équipés de caméras de vidéosurveillance et de dispositifs de sécurité empêchant notamment le démarrage du véhicule lorsque les portes ne sont pas complètement fermées.
Selon la ministre Véronique Laporte, cette phase d’expérimentation constitue une première étape dans la perspective d’un réseau de transport public moins dépendant des carburants fossiles. Les résultats du programme pilote doivent permettre de déterminer les conditions techniques et opérationnelles nécessaires à un éventuel déploiement plus large. Le gouvernement seychellois prévoit, à ce stade, l’introduction de 100 bus électriques d’ici à 2028. À plus long terme, le parc de la SPTC pourrait compter environ 250 véhicules fonctionnant à l’électricité.
L’expérimentation revêt une importance particulière en raison de la géographie de Mahé. L’île possède un réseau routier marqué par des routes étroites, des pentes importantes et des conditions de circulation variables. Les performances des batteries, l’autonomie des véhicules, leur fiabilité ainsi que les besoins liés à la recharge et à l’approvisionnement en électricité feront partie des principaux éléments étudiés. Les deux bus seront affectés à des itinéraires différents afin de multiplier les situations d’exploitation. L’un desservira notamment le sud de Mahé, dont la zone de Takamaka, tandis que le second circulera dans le nord de l’île, notamment vers Anse Etoile. Ces parcours permettront de comparer le comportement des véhicules selon les distances, le relief, le trafic et le nombre de passagers transportés.
L’arrivée de ces véhicules s’inscrit dans un projet préparé depuis plusieurs années. En septembre 2025, la SPTC avait conclu un contrat de 926 400 dollars avec le constructeur indien Ashok Leyland pour l’acquisition de 14 bus, comprenant douze véhicules conventionnels de grande capacité et deux bus électriques Switch Mobility EiV9. Un projet consacré à la mobilité électrique avait également été engagé en 2022 afin d’étudier les caractéristiques des véhicules susceptibles d’être adaptés aux réalités locales. Une mission effectuée en Inde en février dernier avait par ailleurs permis d’aborder les questions liées aux exigences techniques, à la formation du personnel et à la gestion des batteries en fin de vie.
Les autorités associent également cette transition à la recherche d’une meilleure maîtrise des coûts d’exploitation du transport public. Le gouvernement envisage notamment de ramener progressivement le tarif standard du bus à 6 roupies d’ici 2028, en s’appuyant sur l’électrification, la digitalisation et l’amélioration de l’efficacité opérationnelle. Les usagers des deux lignes pilotes sont invités à faire part de leurs observations. Leurs retours, associés aux données recueillies par la SPTC, doivent contribuer à évaluer les possibilités d’une généralisation progressive des bus électriques dans l’archipel.


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