mercredi 2 mars 2011

TECHNOLOGIES


Le péril jaune numérique

Google est au centre d'une guerre numérique initiée en 2009 par des hackers situés en Chine. Le géant des moteurs de recherches est à la fois victime et moyen car, d'une part, les hackers utilisent ses robots et ses modes d'accès, mais il est obligé de prendre des positions politiques car les gouvernements américain et chinois se retrouvent face-à-face dans ce nouvel épisode après celui des censures des majors américains d'internet en Chine.

Les journées du 28 février et du 1er mars 2011 allaient être des journées comme tant d'autres pour les utilisateurs de la messagerie Gmail et du moteur de recherche Google. Pourtant, de nombreux utilisateurs se souviendront de plusieurs moments de blocage et de plantage de fenêtre ou d'onglet lié à l'un des deux fonctions du géant californien. La page "news" du moteur de recherche a annoncé en milieu de journée du 1er mars qu'effectivement, Google a constaté une panne de "quelques minutes" mais que le moteur était de nouveau en marche quelques instants après. Et comme par magie, l'information relayée par un journal en ligne a disparu de la fenêtre des news. Vers la dernière semaine du mois de février, entre 150.000 et 200.000 détenteurs de compte Gmail ont constaté la suppression pure et simple de leurs adresses.

Google a annoncé dans un communiqué "l'existence d'un bug qui est d'ailleurs en cours de réparation".

Des observateurs sur Internet pensent avoir trouvé l'explication réelle de tous ces évènements du mois de février sur le moteur de recherche américain. Google est en fait au centre d'un combat diplomatique né de piques et de démentis échangés entre le gouvernement chinois et les Etats-Unis depuis des mois. Le moteur créé et dirigé par Larry Page serait une victime mais aussi un moyen utilisé par des hackers chinois pour s'introduire dans les sites et les comptes de grandes sociétés occidentales comme dernièrement Morgan Stanley. Cette grande firme financière américaine affirme avoir embauché en 2010 un dénommé H.B. Gary, dont les mails ont tous été volés. Ces mails contenaient des informations confidentielles et compromettant une grande partie du réseau de Morgan Stanley et qui seraient au coeur de la cyber-attaque "Aurora" dont le nombre de sociétés victimes a initialement été estimée entre 20 et 30 mais qui finalement se chiffrerait à 200 actuellement selon Terremark Worldwide, spécialisée dans la sécurité informatique. De grandes sociétés, comme la Western Oil Companies, seraient aussi victimes de ces attaques chinoises.

Google était obligé de prendre des mesures "politiques" radicales comme l'annulation des critères de censures demandés par la Chine. Celle-ci a par ailleurs démenti toutes les allégations selon lesquelles toutes ces attaques seraient chinoises, "c'est un problème global contre lequel la Chine a toujours combattu", selon un porte-parole du gouvernement chinois. Mais Hillary Clinton n'en démord pas en insistant que c'est une manoeuvre générale opérée par la Chine pour déstabiliser les 20 grandes sociétés victimes de ces attaques depuis 2009. Le moteur Google qui vient de relever le critère de sélection de son robot pour réduire le nombre des textes copiés dans les résultats de recherches, était obligé de revoir sa propre sécurité mais comme ces opérations sont des plus secrètes, nous sommes obligés de lire entre les lignes à chaque évènement.

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