Les marchés des matières premières ont évolué de manière contrastée ces derniers jours, entre repli marqué du café, stabilité prudente de l’or et attentisme sur le cuivre. Les investisseurs ont dû composer avec des perspectives agricoles favorables en Amérique latine, des tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient et un calendrier international perturbé par les congés en Asie.
Dans ce contexte, l’offre, la demande et les facteurs macroéconomiques ont influencé différemment chaque segment, dessinant un paysage globalement modéré mais riche en signaux pour les opérateurs. Les cours du café ont nettement baissé au cours de la semaine, en particulier pour la variété arabica, qui a atteint son plus bas niveau depuis novembre 2024. Cette évolution s’explique principalement par des anticipations favorables concernant la prochaine récolte au Brésil, premier producteur mondial. Selon des analystes du marché, les précipitations observées ces deux derniers mois au Brésil sont jugées suffisantes pour soutenir de bonnes perspectives de production. À cela s’ajoute une situation jugée satisfaisante au Mexique ainsi qu’en Amérique centrale. Par ailleurs, au Vietnam, important acteur du marché, les producteurs commercialisent actuellement le café issu de la nouvelle récolte, contribuant à accroître la disponibilité mondiale. Cette offre plus abondante pèse mécaniquement sur les prix. Sur l’ICE Futures US de New York, la livre d’arabica pour livraison en mai s’échangeait vendredi à 285,35 cents, après avoir touché un point bas à 275,65 cents, contre 298,30 cents une semaine auparavant. À Londres, sur le Liffe, la tonne de robusta pour livraison le même mois valait 3.604 dollars, en recul par rapport aux 3.800 dollars observés sept jours plus tôt.
Le marché de l’or a, de son côté, affiché une relative stabilité. Le métal précieux continue de bénéficier de son statut de valeur refuge dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l’Iran. Le président Donald Trump a indiqué se donner entre dix et quinze jours pour décider de la possibilité d’un accord avec Téhéran, notamment sur la question nucléaire, laissant planer l’éventualité d’un recours à la force. Ces incertitudes géopolitiques soutiennent l’appétit pour les actifs considérés comme sûrs. Toutefois, plusieurs facteurs limitent la progression du métal jaune : de meilleurs rendements sur d’autres marchés, un dollar plus ferme et la prudence affichée par la Réserve fédérale américaine en matière de politique monétaire. Vendredi, l’once d’or s’échangeait à Londres autour de 5.040 dollars, un niveau quasiment inchangé par rapport à la semaine précédente, traduisant un équilibre entre soutien géopolitique et contraintes macroéconomiques.
Hésitations dans le pétrole
Le marché du cuivre est resté pour sa part peu animé, en marge des célébrations du Nouvel An lunaire en Chine, acteur central tant du côté de l’offre que de la demande. L’absence temporaire des principaux consommateurs chinois a réduit les volumes d’échanges, rendant les variations de prix moins représentatives des fondamentaux réels. Néanmoins, la publication des résultats de plusieurs grands groupes miniers a mis en lumière le rôle croissant du cuivre dans leurs performances. Des entreprises comme BHP, Rio Tinto ou Glencore considèrent le métal rouge comme un moteur stratégique, porté par des perspectives de demande soutenue à moyen et long terme. Vendredi, la tonne de cuivre s’échangeait à 12.813 dollars sur le London Metal Exchange, contre 12.881 dollars lors de la précédente clôture hebdomadaire. Une stabilité apparente qui pourrait évoluer à la reprise complète des échanges en Asie.
A noter enfin que l’hésitation demeure palpable sur les marchés pétroliers. Pour s’en convaincre, il suffit d’ouvrir un graphique de cotations sur le Brent ou le WTI et de le régler en données hebdomadaires. Vous visualiserez alors de grandes mèches sur les derniers chandeliers, qui indiquent qu’il n’y a pas de sens directionnels clairs. Plus concrètement, le cours du Brent s’est une nouvelle fois aventuré au-dessus de la ligne des 70 USD le baril, mais a depuis reflué pour s’échanger autour de 68 USD. Il en est de même pour le WTI, qui se négocie proche de son plus bas niveau de la semaine à 63 USD après avoir atteint un pic à 65,80 USD.


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