Auto | Chine - Europe : BYD bataille entre part de marché et taxation

voitures chinoises en Europe

par Tsirisoa Rakotondravoavy

La marque chinoise BYD, déjà leader dans les véhicules électriques, annonce avoir ciblé la France pour construire ses futures usines en Europe. Celle de Hongrie sera livrée comme prévu vers la fin 2026, Stella Li, vice-présidente de BYD, a partagé l'intention à court terme de la marque chinoise devant la presse internationale lors de l'ouverture du Mondial de l'Automobile de Paris 2026 : "On n’a pas encore les détails, mais BYD a un engagement à long terme en Europe, et la France est dans la short list. On va investir massivement en Europe. On va apporter la fabrication, comme en Hongrie, et il y aura des prototypes. Ce qui nous intéresse, c’est le long terme. BYD a un engagement fort en Europe".

Leader mondial des véhicules électriques

Cet engagement fait suite à un renforcement sans précédent de BYD sur le marché automobile européen, notamment dans les voitures électriques et surtout le segment hybride rechargeable. Le marché mondial des voitures électriques et hybrides était estimé à 25% des ventes de voitures tous types, à un volume de 927,7 milliards de dollar en 2025 dont plus de 51% du marché établis en Asie-Pacifique, suivie d'une estimation évaluée à 1.023,8 milliards de dollar cette année. 

voitures chinoises en France

Le top 3 mondial des constructeurs en véhicules électriques et hybrides place BYD en leader, suivi par Tesla, puis de Volkswagen. Il faut dire que la marque chinoise était en campagne permanente, en doublant le nombre de ses modèles vendus en Europe, afin de viser cette performance et de la renforcer davantage.

Tour de force en Europe et géopolitique

Stella Li a fait le tour d'Europe cette été. Elle a participé au festival de Cannes en juin aux côtés de l'acteur Daniel Craig, en marge, le lancement de Zenda, la marque premium de BYD dont l'acteur de James Bond est l'égérie. Partie de Rotterdam, base européenne de BYD, Stella Li a beaucoup voyagé sur le Vieux Continent en 2026 : lancement en Bulgarie, contrôle de l'avancement des travaux de l'usine de Hongrie prévue ouvrir en décembre 2026, puis à Paris dernièrement pour le Mondial de l'Automobile 2026.

Stella Li, vice-présidente de BYD
Stella Li, vice-présidente de BYD (Chine)

Questionnée par Paris Match sur la velléité de BYD à installer en Europe une marque de luxe avec Zenga, Stella Li a précisé : "Nous possédons plusieurs divisions : BYD couvre le marché de masse. Denza, le segment premium, et ­Yangwang, bien sûr, celui du luxe". Sauf que Yangwang est surtout présente en Asie et au Moyen-Orient, des marchés très dynamiques dans le segment luxe.

Mais les chiffres parlent d'eux-mêmes sur la dynamique de BYD en Europe. La marque chinoise a réalisé au premier semestre de 2026 un volume de 174.144 voitures en immatriculation. Rien que pour le mois de juin 2026, 38.455 véhicules de la marque BYD ont été immatriculées en Europe, en hausse 144 % en un an, précédé d'un mois de mai 2026 très performant, avec 32.380 unités livrées, surpassant les marques européennes établies comme Citroën et Fiat ou le rival américain Tesla.

"Le défi numéro un sur l'expansion de BYD ouvre un chapitre géopolitique. Quand nous développons une affaire, nous avons besoin de certitude et de visibilité. C'est seulement après que nous pouvons investir. Avec la donne géopolitique actuelle, nous ne sommes pas dans la compréhension sous tous les angles, et nous ne comprenons pas tout ce que les autres pays décident. Ainsi, nous avons décidé de ne pas vendre des véhicules particuliers aux Etats-Unis car tout y est compliqué, malgré le fait que nous y avions été présents depuis un moment. Nous n'y ressentons ni clarté, ni visibilité, ni stabilité", a déclaré Stella Li lors du récent sommet asiatique de Milken Institute à Singapour.

Manière de rappeler les difficultés rencontrées par BYD au niveau de la taxation par pays, une bataille lancée par les Etats-Unis sous Donald Trump. L'Europe prépare également une limitation de l'importation, par type de véhicule et par marque, provenant de la Chine. Mais la Chine, pragmatique, vient de trouver la parade, en exportant prioritairement vers l'Europe des véhicules hybrides rechargeables, taxés à seulement 10% sur le continent européen, et en freinant l'exportation de véhicules 100% électriques vers les pays européens. 

Malgré ces batailles géopolitiques sur la taxation, et en tête de pont des marques chinoises en Europe, BYD entend maintenir le cap et son objectif suprême : devenir le numéro un mondial des constructeurs dans les cinq ans à venir.

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires