M a r c h é s

La souveraineté économique a primé pour soutenir Air Madagascar

Air Madagascar et Air Austral ont prévu un plan sur 3 ans pour le redressement, et retrouver l'équilibre en 2020. 



Par Tsirisoa Rakotondravoavy | Journal de l'Economie   


ANTANANARIVO - 24/12/2017 - Le dossier Corsair n'en est pas un. Malgré les interrogations, avec des intentions de politiser le sujet, suscitées par la décision du gouvernement malgache de faire barrage à cette compagnie sur la ligne Antananarivo - Saint Denis, la Grande Ile maintient sa logique : ne pas mettre en péril la récente signature du partenariat stratégique entre Air Madagascar et Air Austral.


Dans un point de presse, le Ministre malgache des Transports et de la Météorologie, BEBOARIMISA Ralava, a confirmé la position du gouvernement sur le partenariat entre Air Madagascar, détenue à 51% par l'Etat, et son associé à 49% Air Austral. La décision a été prise de supprimer la desserte Antananarivo - Saint Denis opérée par Corsair. Si cette position est discutable sur le plan de la politique concurrentielle impactant sur le secteur dans la région Océan Indien, Madagascar a usé de sa souveraineté économique en prenant cette décisíon. 

En effet, le partenariat entre Air Madagascar et Air Austral prévoit une phase de redressement de la compagnie nationale malgache sur 3 ans. Cette compagnie, en difficulté depuis des décennies, aborde à peine sa relance. A l'image d'autres compagnies nationales comme South African Airways soutenue financièrement par son gouvernement, Madagascar a identifiée l'offre agressive de Corsair sur la Réuníon - Madagascar comme une menace directe sur ce futur redressement de sa compagnie nationale. Dans sa fragilité actuelle, la compagnie malgache ne peut pas se permettre d'affronter la concurrence sans l'aide de l'Etat. Cette décision de protection est ainsi pour les partenaires Air Austral et Air Madagascar, affichant respectivement 300 euros et 275 euros sur la desserte la Réunion, où Corsair vend à moitié prix à 146 euros. Il est clair qu'à ce niveau de prix, Air Madagascar n'affichera pas une exploitation sereine sur cette desserte pour se redresser. Il est à rappeler que la compagnie malgache prévoit de retrouver l'équilibre à l'horizon 2020.