La concrétisation du projet de gazoduc Afrique Atlantique, qui devrait coûter près de 25 milliards USD, progresse. L'objectif est de relier le Nigeria au Royaume chérifien avant d'alimenter le marché européen. Le 19 juillet, treize pays d'Afrique de l'Ouest ont signé un accord intergouvernemental lors du sommet de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), tenu en Sierra Leone.
D'après les explications fournies, cette signature marque une avancée majeure pour une initiative lancée en 2016 par le roi Mohammed VI et confirme la volonté du Maroc de devenir un acteur incontournable de l'approvisionnement énergétique régional. Le futur gazoduc, qui s'étendra sur près de 6 000 kilomètres, empruntera à la fois des tronçons terrestres et sous-marins le long de la façade atlantique. Son tracé traversera treize États ouest-africains avant d'atteindre le Maroc, avec une capacité de transport estimée à 30 milliards de mètres cubes de gaz par an. Le coût du chantier est évalué à environ 25 milliards de dollars, ce qui en fait l'un des plus importants projets d'infrastructures énergétiques du continent africain.
Selon un communiqué conjoint publié par l'Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) du Maroc et la compagnie pétrolière nationale nigériane (NNPC), l'accord signé par les États membres de la Cédéao ouvre désormais la voie aux prochaines phases de réalisation. Les études techniques et de faisabilité ayant été finalisées, les partenaires peuvent désormais engager les procédures nécessaires au lancement des travaux, dont le démarrage est envisagé à partir de 2028. Outre sa dimension économique, ce projet revêt une forte portée géopolitique. Il ambitionne de renforcer l'intégration énergétique de l'Afrique de l'Ouest tout en offrant une nouvelle voie d'exportation du gaz nigérian vers l'Europe. Plusieurs pays de la région devraient également bénéficier d'un meilleur accès au gaz naturel, favorisant ainsi le développement industriel et la production d'électricité.
A noter en outre que cette initiative est en concurrence avec un autre projet de gazoduc transsaharien reliant le Nigeria à la Méditerranée via le Niger et le territoire algérien. Les deux infrastructures poursuivent un objectif similaire : acheminer les importantes réserves gazières nigérianes vers les marchés européens, désireux de diversifier leurs sources d'approvisionnement. Le gazoduc Afrique Atlantique présente néanmoins plusieurs atouts. Son parcours côtier permet de desservir de nombreux pays d'Afrique de l'Ouest, renforçant ainsi son impact économique régional. En multipliant les interconnexions énergétiques, Rabat espère consolider ses partenariats avec les États africains tout en affirmant son rôle de plateforme énergétique entre l'Afrique et l'Europe.


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