Le marché africain des énergies renouvelables pourrait plus que doubler au cours des cinq prochaines années. Il passerait de 86,95 GW en 2026 à 179,66 GW en 2031, soit une progression annuelle moyenne de 15,62 %, selon une étude publiée par le cabinet Mordor Intelligence. Derrière cette dynamique se trouvent trois évolutions majeures : la baisse continue du coût des équipements solaires, l’essor des solutions électriques décentralisées et l’apparition de projets destinés à produire de l’hydrogène vert pour les marchés internationaux.
Le cabinet Mordor Intelligence note aussi que cette croissance ne devrait toutefois pas être homogène selon les technologies. L’hydroélectricité reste dominante. Elle représentait 62,25 % du marché africain des renouvelables en 2025. Mais le solaire est appelé à prendre une place croissante. Mordor Intelligence lui attribue un taux de croissance annuel composé de 27,84 % entre 2026 et 2031. Les délais de réalisation plus courts et des investissements initiaux moins élevés favorisent cette évolution, particulièrement dans les pays confrontés à un déficit d’accès à l’électricité. La baisse des coûts constitue l’un des principaux facteurs de cette transformation. Début 2026, le prix des modules photovoltaïques était descendu à environ 0,12 dollar par watt, dans un contexte de surproduction mondiale de polysilicium et de demande moins soutenue.
Cette pression sur les prix se répercute sur les projets de production. En Afrique du Sud, le septième cycle d’appels d’offres aurait ainsi attribué 2,6 GW à un prix moyen de 0,025 dollar par kWh, soit environ 60 % de moins que lors du premier cycle lancé dix ans auparavant. En Égypte et au Maroc, les tarifs proposés pour les centrales solaires de grande capacité étaient déjà inférieurs à 0,03 dollar par kWh en 2025. La compétitivité technologique ne suffit cependant pas à expliquer l’accélération du marché. Dans plusieurs pays, l’accès au financement demeure déterminant pour transformer les projets en capacités effectivement installées. Les institutions de financement du développement renforcent donc leurs interventions à travers des mécanismes concessionnels, des garanties et des dispositifs de financement mixte.
L’initiative Mission 300, soutenue notamment par la Banque mondiale, prévoit ainsi de mobiliser 35 milliards de dollars afin de contribuer à l’accès à l’électricité de 300 millions d’Africains supplémentaires d’ici 2030. Une partie importante de cet effort doit passer par les mini-réseaux solaires et les systèmes domestiques, particulièrement adaptés aux zones éloignées des réseaux nationaux. À la production d’électricité s’ajoute désormais une autre perspective : l’exportation d’énergie sous forme d’hydrogène vert. Plusieurs pays cherchent à développer des capacités renouvelables suffisamment importantes pour alimenter des projets industriels destinés notamment au marché européen.
Le Maroc figure parmi les pays les plus avancés dans cette stratégie. Le royaume a prévu un programme d’investissement de 32,5 milliards de dollars consacré au développement de grands projets renouvelables, avec notamment les complexes de Noor Midelt et de l’Atlantique. La capacité combinée visée atteint 10 GW. Le pays ambitionne également de développer une filière d’hydrogène vert destinée à l’exportation. En Namibie, le projet Hyphen prévoit de son côté 7 GW de capacités renouvelables pour produire jusqu’à 300 000 tonnes d’hydrogène par an. Ces projets associent ainsi production électrique, développement industriel et stratégie d’exportation.


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