lundi 27 décembre 2010

TECHNOLOGIES


2010, une autre année record pour Apple


Année de sortie de l'iPad, un titre en bourse à la santé insolente, Barack Obama tirant son chapeau à Steve Jobs, nommé "homme de l'année" par le Financial Times. 2010, l'année d'Apple.

Inonder le marché de nouveautés, c’est la recette du succès d’Apple qui a encore fonctionné en 2010. Plus de 8 millions d'iPads se sont écoulés cette année et les ventes d'iPhone sont en hausse de 91 % au dernier trimestre.

Le titre Apple dépasse celui de Microsoft

En un an, le titre Apple a pris 60%. En mai, la capitalisation boursière d'Apple a dépassé celle de Microsoft, un symbole. En août, le groupe devient la deuxième plus grande entreprise du monde derrière Exxon Mobile. Apple est depuis repassé à la troisième place, mais vaut environ 300 milliards de dollars. Une année de succès à peine touchée par "l'antennagate" : les problèmes de réception du nouvel iPhone ont obligé Apple à monter une communication de crise pour apaiser la colère de ses clients. C’est ce qui a provoqué une phrase de Steve Jobs, le fondateur d’Apple : "nous ne sommes pas parfaits".

ENTREPRISES


Retrait de BNP Paribas de la BMOI et recentrage du groupe sur l'Europe


C’est le lancement de la stratégie paneuropéenne de BNP Paribas. La banque a augmenté sa taille, depuis le rachat de Fortis, pour pouvoir chercher la croissance partout en Europe.

Elle profite surtout des perspectives de la croissance allemande à 3,4% en 2010 et prévue à 2,4 en 2011 (source : Chambre de commerce allemande). BNP Paribas a commencé à s'attaquer à la banque de financement. Elle va installer cinq centres d'affaires dans cinq grandes villes allemandes à fort flux financier : Francfort, Hambourg, Cologne, Stuttgart et Munich. Cette grande banque française vise surtout les grandes entreprises, celles qui font plus d'un milliard d'euros de CA, mais aussi les sociétés qui dégagent plus de 500 millions et orientées vers l'exportation. De fait, BNP Paribas lâche petit à petit les petites entreprises trop attachées à leurs banques locales.

Le retrait de BNP Paribas de la BMOI à Madagascar fait partie de cette opération d recentrage de la maison sur le vieux continent. Elle met ainsi en vente les 75% qu’elle possède dans cette banque malgache, jugée la plus rentable dans la grande île.

Texte : Tsirisoa Rakotondravoavy

jeudi 18 novembre 2010

INDUSTRIE CACAO


Le cacao malgache dans l’industrie mondiale du luxe

Au début des années 2000, l’Union européenne sort une directive qui autorise l’ajout de 5% de matière grasse végétale autre que le beurre de cacao dans la fabrication de cacao. Sans le savoir, Madagascar, grand producteur de cacao, a beaucoup à perdre dans cette autorisation, qui laisse la porte ouverte à des types de chocolat mélangés et qui abandonnent toute forme de pureté. « Imaginez que l’on décide de verser 5% d’eau dans un château-petrus ! », s’insurge François Pralus, maître chocolatier de la maison Pralus. Selon l’expertise de la grande tradition des maîtres chocolatiers, le cacao le plus pur est le Criollo, cacao originel des Mayas, une variété rare qui ne constitue que 6% de la production mondiale de cacao mais qui se trouve très répandue à Madagascar. Les autres « cépages » de cacao sont le forastero, très robuste avec un goût corsé qui lui vaut le surnom de « robusta du cacao", cultivé majoritairement en Afrique, et le trinitario, une espèce hybride mélangeant la classe du criollo et la robustesse du forastero. Le trinitario est planté sur l’île de Java en Indonésie et au Trinidad.
Nous vous parlons de la qualité exceptionnelle du cacao de Madagascar car, à part la présence de l’acteur de référence local du cacao qui est la Chocolaterie Robert (à partir de 2 euros le kilo du chocolat sur le marché local) couvrant le marché malgache mais aussi l’île de la Réunion et Maurice, l’Europe et les Etats-Unis avec la gamme dédiée au marché nord américain, le Vaovao Chocolate, le paysage concurrentiel du cacao a évolué et les grandes maisons étrangères se sont installées sur l’île en opérant des acquisitions de cacaoyers par dizaines d’hectares.
Jean Paul Hévin fort de ses réseaux de boutiques qui vendent le chocolat de détail à 100 euros le kilo, 3 à Paris, 3 au Japon et 1 à Hong Kong est un maître chocolatier français et vante lui aussi l’arôme unique du criollo de Madagascar : « Notes de fruits rouges, attaque douce, puis montée en puissance, long en bouche ». Hévin sort de la grande tradition des chocolatiers français qui ont fait la recette des palets d’or à Moulins mais qui ont su s’adapter aux « nouveaux » types de cacao des tropiques. Artisan passionné, il a été élu « Meilleur Ouvrier de France » en 1986 dans le secteur pâtisserie-confiserie, c’est plus audacieux des maîtres chocolatiers qui ose mêler les arômes en élaborant des mariages subtils entre le cacao et la vanille de Madagascar, miel, bergamote ou châtaigne. Il se déplace régulièrement en Amérique du sud et à Madagascar en quête de nouveaux parfums.
François Pralus, « Meilleur Ouvrier de France 1982 » a pris la tête de la maison Pralus en 1988. La maison a été créée en 1948 par Auguste Pralus. La boutique Pralus à Roanne (France) sert la Praluline, la praline maison, la première fois en 1955 et jusqu’à aujourd’hui, elle maintient la tradition tout en innovant sur des nouveaux parfums du cacao et de la vanille de Madagascar qui ont donné naissance à la Pralisienne. Ce parfum se vend jusqu’à 800 unités les jours de week-end dans chaque boutique du réseau Pralus de France. François Pralus a fait une acquisition de 27 hectares de cacaoyers à Nosy Be en 2004. 20 personnes y travaillent depuis et ce quotidiennement pour maintenir l’état du sol et la qualité des 25000 plants afin d’obtenir le niveau optimal du cacao criollo. François Pralus entend récolter le fruit de cet effort cette année. Pralus a gardé le rythme du vrai artisan qui torréfie, concasse ses fèves et la maison fabrique son chocolat elle-même. Elle vend son chocolat de détail à 66 euros le kilo. François Pralus a collaboré avec Laurence Caillier, productrice de vanille à Madagascar pour sortir un livre écrit par Ingrid Astier à l’édition Agnès Viénot en 2007 : Vanille et Cacao, l’Or Noir de Madagascar.
Le challenger du cacao qui compte s’implanter à Madagascar est une héritière directe de la maison des chocolatiers de Bayonne, Pariès qui est une maison créé en 1895. C’est la cinquième génération qui dirige cette maison basque actuellement. Alain et Françoise Girardot qui affectionnent le contact humain traditionnel et compte s’intégrer sur la grande île avec un projet de Commerce équitable, le vrai qui opte sur le partage des résultats entre promoteurs, artisans, ouvriers et cultivateurs. Pariès vend son chocolat de détail à 67 euros le kilo.

mardi 16 novembre 2010

LEGISLATION


Revue MCI N°51 : le Droit du travail et l’entreprenariat à l’épreuve de la crise


Le numéro 51 de la revue de MCI pour le troisième trimestre 2010 relate plusieurs facettes du Droit de travail à Madagascar dans le contexte de crise que nous traversons. Quelques analystes y ont traité des cas précis qui reposent tout d’abord sur les principes fondamentaux du droit de travail par Herimanantsoa D. Razafiarison qui rappellent la liberté d’association, l’élimination de toute forme de travail forcé ou obligatoire, l’abolition du travail des enfants et de la discrimination en matière d’emploi mais surtout les principes régissant le contrat de travail.

La revue a aussi livré des réflexions sur le rôle de l’inspection du travail en temps de crise et surtout sur le fameux sujet du chômage technique. Ainsi beaucoup de points sont expliqués sur ces sujets sulfureux qui ont fait la une de plusieurs titres de presse durant la crise car il n’est plus à rappeler que ce sont les entreprises qui ont le plus souffert de cette crise. Et la dernière forme de résistance de ces entreprises pour ne pas mettre les clés sous la porte est le chômage technique. Il est pour mis à la connaissance des entrepreneurs que cette démarche est aussi régie par des lois pour équilibrer les dommages entre l’employeur et le travailleur. La revue de MCI a fait dans ce numéro une analyse comparative sur le même sujet du chômage technique mais aussi une explication sur le comité d’entreprise, partie prenant du dialogue social qui est normalement entrepris lors de décisions importantes sur la vie de l’entreprise et surtout sur les rapports entre les dirigeants et les employés. Ces recueils sont utiles pour les entreprises et les employés pour connaître les tenants et aboutissants d’une décision de chômage technique pour éviter les risques de conflits entre les deux parties, risques malheureusement non-évités sur plusieurs cas d’entreprises à Madagascar.

A part quelques conseils pratiques sur les visas de travailleurs et les visas d’affaires, les derniers points traités par la revue MCI relatent les conséquences directes de la crise sur la vie des entreprises et les recours juridiques possibles pour toutes les parties : le recouvrement de chèques impayés, la cession fiduciaire et les cliniques juridiques. Ce sont généralement des formes de conciliation pour régler des litiges qui sont nombreux en temps de crise comme on le constate.

mercredi 10 novembre 2010

CULTURE



Le Village, la passion Marine


Depuis 1992, Hervé Scrive et sa femme ne cessent de nous émerveiller avec leurs maquettes de bateaux faites de bois précieux de Madagascar. Ils peuvent mettre plusieurs essences de bois sur une même maquette selon les exigences des formes et des apparences de chaque élément, pourvu que rien ne trahisse l’ensemble. Un passionné comme Hervé Scrive ne laissera aucun détail échapper à son attention lors de la fabrication. Le résultat est toujours à la mesure de ce niveau d’exigence très élevé, une exigence qu’il a transmise lui-même à ses employés.

L’aventure a duré sept ans sur l’île Maurice. Mais l’île a atteint ses limites quant aux demandes en matériaux de bois précieux et de mains d’œuvre. Hervé Scrive a estimé plus judicieux de s’installer à Madagascar en 1992, après avoir livré le vaisseau Le Superbe (2,40m) au président Mitterrand alors en visite officielle sur l’île. Depuis, ce vrai manager doublé d’un passionné a quantifié la différence de taille sur le rendement et sur la qualité du travail fait entre Madagascar et l’île Maurice : « 25% moins cher mais avec un doigté d’or inégalé », selon Hervé Scrive. De plus le palissandre et l’ébène de Madagascar qu’il sèche au soleil pendant une année entière pour un séchage au cœur lui satisfont entièrement.

Depuis, le Village est passé de 2 employés à une cinquantaine, que le fondateur considère comme une famille. Les modèles aussi se sont multipliés jusqu’à une soixantaine, « tous des souvenirs extraordinaires » selon Scrive : un tiers de bateaux de travail comme les thoniers ou les sardinières de Sables-d’Olonne, un autre tiers de grands voiliers historiques comme le célèbre brick négrier Bounty, et le reste fait de voiliers de courses célèbres comme le Shamrock ou l’America, mais aussi un Pen Duick... Ses clients sont aussi prestigieux que ses modèles : les ambassades de France, d’Allemagne, de Grèce à Madagascar, puis le Musée Océanographique de Monaco, l’Elysée,…

Les réseaux de distribution de l’atelier Le Village sont les piliers de cette réussite : les galeries d’hôtels à Madagascar et sur l’île Maurice, 8 musées et associations de la Marine en France, 3 galeries en DOM TOM, une galerie en Russie et en Ecosse.

dimanche 7 novembre 2010

ENTREPRISES


Après Air France et Air Mauritius, Air Madagascar projette de passer commande à Airbus.


Et de deux.

Avec l’annonce tonitruante d’Air France de renforcer sa flotte à destination de Madagascar, la compagnie mauricienne Air Mauritius a elle aussi fait savoir son intention de remplacer pour la saison standard d’hiver son A319 par des A330 et A340 vers Madagascar. Ces deux compagnies qui connaissent bien le marché de l’aviation malgache ont toutes annoncé que la reprise s’annonce. Ce qui veut dire qu’une compagnie qui rate ce virage pourrait se retrouver à la traîne à long terme sur le marché malgache. Le directeur régional d’Air Mauritius Ahmad Jhummun, a annoncé que sa compagnie a retrouvé le niveau de croissance de 2008 après une réduction du nombre de vols hebdomadaires de 5 à 4 en 2009, année de la crise. Air Mauritius a profité de cette occasion pour lancer sur la destination Madagascar l’offre Kestrelflyer, créée en 2002, qui s’appuie sur une politique de fidélisation des clients au nombre de voyages effectués sur la compagnie par miles. C’est une politique qui rentre en concurrence frontale à l’offre de miles à gagner d’Air France, une offre née avec la crise internationale. Le grand gagnant de tout ce remue-ménage est l’avionneur Airbus. Celui-ci a mis en service le modèle A340 pour que ses compagnies clientes puissent mettre sur le marché l’offre intermédiaire entre les classes Affaires ou Première et la classe Economique. Les passagers de l’A340 gagnent ainsi en confort sans payer le prix fort. On sent ainsi la pression mise en place par Airbus sur l’Océan Indien pour verrouiller le marché de la reprise.

Jamais deux sans trois.

Et l’annonce par le président de la HAT Andry Rajoelina en présence d’un vice-président d’Airbus au Palais des Sports et de la Culture à Mahamasina de la possibilité d’acquisition d’appareils par la compagnie nationale Air Madagascar confirme la tendance de la reprise et surtout rassure les observateurs quant à la réaction de la compagnie malgache face aux mouvements enclenchés par ses concurrents sur le marché malgache. Et le président de marteler qu’il est grand temps que nous passions à des investissements à la pointe des nouvelles technologies et surtout à la rencontre des vraies demandes du marché.

ENTREPRISES


Madagascar, première destination de la Classe Premium Voyageur d’Air France



Air France a remplacé le Boeing 777 par l’appareil Airbus A340 jusqu’au 26 mars 2011. Ce remplacement entre dans le cadre de la reprise du rythme de 4 vols hebdomadaires pour la compagnie française à destination d’Antananarivo. Jean François Richard, Administrateur Directeur Général a présenté ce nouvel appareil lors d’une conférence de presse à la Tour Zital, représentation d’Air France à Antananarivo. C’est un rythme classique faisant partie du standard d’hiver de la compagnie. Madagascar sera le premier pays à bénéficier de la classe « Premium Voyageur » sur l’Océan Indien. Cette classe fait partie des trois classes qui constituent les vols d’Air France : Affaires, Premium Voyageur, Voyageur. C’est une classe intermédiaire entre la classe Affaire, la classe Economique et Voyageur. C’est nouveau positionnement pris par Air France en 2009 face à la crise pour pouvoir commercialiser une nouvelle offre auprès de sa clientèle. Les sièges offres un espace plus large, et se présente par une coque fixe qui améliore considérablement le confort à bord. En effet, cette nouvelle classe va créer un nouveau segment de clientèle qui ne veut pas payer plus cher pour la classe Affaire mais qui pourtant recherche un certain confort au-delà de la classe Economique. Air France a répondu à cette demande car ce segment a gonflé sur plusieurs destinations à travers le monde avec la crise économique mondiale de fin 2008 – 2009. Selon toujours Jean François Richard, Air France a dépassé le niveau des mauvais résultats de 2009 et se rapproche des niveaux de 2008, année record de l’arrivée des touristes à Madagascar. La compagnie Air France a par ailleurs fait savoir qu’elle installera une borne d’enregistrement libre –service à la Tour Zital à Ankorondrano en vue d’accueillir une vague croissante d’engagements sur le vol Antananarivo – Paris.

mercredi 27 octobre 2010

DEVELOPPEMENT DURABLE


Produire et consommer, oui.
Mais gérer en même temps les déchets, c’est encore mieux

Qu’est ce que ça fait un million et demi de personnes dans une ville congestionnée comme Antananarivo ? « Ca fait 400 à 1000 tonnes d’ordures ménagères par jour. 1500 tonnes en saison de pluie à cause de l’arrivée en abondance des fruits sur le marché » nous a répondu Niry Rasamoelimihamina, Directeur de la SAMVA (Service Autonome de Maintenance de la ville d’Antananarivo). La gestion des ordures ménagères de la ville est un casse-tête permanent. Si on ajoute à cela la production d’eaux usées, on se rend compte que l’on vit sur une poudrière hautement toxique. Les organismes responsables de la gestion des déchets qui se sont succédés depuis des années à Antananarivo ont toujours été mis face à ce problème insoluble. La pression démographique, l’évolution des modes de consommation, la vétusté des infrastructures et le manque de financement ont mit la situation de l’assainissement de la ville dans une impasse. Ajouter à cela le manque de civisme de la population. Devant cet état des choses, la SAMVA a dû concentrer sa gestion sur la priorité vitale : la collecte, avec comme premier paramètre, le temps. Quatre bacs sont ramassés quotidiennement dans les marchés. A proximité des grossîtes en fruits et légumes, les bacs se remplissent en quelques heures tous les matins. Il ne s’agit ici que de bac à ordure, mais l’on ne parle pas encore des tonnes de détritus jetés à même le sol ou dans les caniveaux.
Les simples citoyens que nous sommes ne se rendent pas compte que gérer une ville, c’est gérer un flux incessant d’un ensemble d’éléments hétéroclites composé de biens de consommation, de moyens de transport, de personnes, d’argent et d’informations. Gérer ce flux de manière à préserver un environnement économique, social et naturel propice au bien-être de la population, c’est gérer un développement durable. Il faut se rendre dans les stations de pompage, voir les égouts de la ville ou visiter la décharge d’Andralanitra pour se rendre compte de la dimension des dégâts occasionnés par un développement non responsable et comprendre pourquoi, dans de telles conditions, il ne peut être durable. La baisse de la mortalité qui entraîne la croissance démographique et la hausse de la consommation sont des critères qui indiquent la croissance économique. C’est sur ces critères que les modèles économiques traditionnels se sont basés. Mais plus on produit des biens, plus on consomme et plus on produit de déchets. Des déchets qui en s’accumulant, ont fini par mettre en péril la capacité de l’environnement économique et social à produire convenablement, et donc à se développer.
Ce phénomène n’est pas propre à la capitale de notre pays. Dans le monde entier, l’urbanisation galopante a finit par rattraper l’économie. Pris de cours, les états prennent des mesures d’urgence, plus ou moins efficaces, pour tenter de réparer les erreurs du passé. Ce qui a donné des grands travaux de réaménagement des villes qui ont commencé depuis les années 80 en occident. A Antananarivo, rien n’a encore été fait. Le projet du « Grand Tana » n’a pas encore été effectif jusqu’à ce jour. Le premier pas sera fait avec la réalisation de deux grands projets de gestion des déchets de la ville d’Antananarivo financés par l’Agence Française de Développement (AFD) qui se fera en deux temps : la première phase sera la sécurisation de la décharge d’Andralanitra, et en deuxième phase, la gestion intégrée de déchets solides. Une clôture de plusieurs kilomètres sera construite autour de la décharge, ce qui permettra de règlementer la décharge sans des intrusions illicites. A l’intérieur des murs, les compacteurs et les bulls manoeuvreront pour déverser les déchets dans des alvéoles qui seront bouchés avec de la terre au fur et à mesure. C’est un système adopté d’urgence pour épargner les populations des villages voisins. La décharge sera fermée définitivement dans cinq ans. Entre temps, un plan social sera mis en place pour la réinsertion des familles vivant de cette décharge. On en sait encore rien de l’avenir de cette décharge après sa fermeture. Mais selon le Directeur de la SAMVA, les scientifiques assurent que les émanations nocives devraient être retenues par la chape de terre qui va boucher la totalité du terrain. Le deuxième volet du projet sera plus ambitieux et mettra en place un centre d’enfouissement technique du coté de Fieferana, doté d’un centre de triage et de recyclage permettant de produire des énergies renouvelables grâce aux biomasses. Deux autres sites de décharges de contrôle seront construits à Alakamisy et à Ambohidrapeto. Ces centres de déchetteries et les techniques de collecte seront conformes aux normes qui existent dans les pays industrialisés.

DEVELOPPEMENT DURABLE


Les micro-organismes au service des grands arbres :
La preuve de l’ingéniosité de la nature par les chercheurs

Le Laboratoire de Microbiologie de l’Environnement du CNRE (Centre National de Recherche sur l’Environnement) a entreprit des recherches sur la production de plantules améliorées conçue pour obtenir les meilleures conditions biologiques pour le reboisement avec des plantes locales. Résultat de plusieurs années d’étude, un site d’expérimentation a été mis en place à Arivonimamo afin de démontrer l’efficacité de cette technique. 3000 pieds de plantes endémiques ont été mis en terre avec un taux de réussite de 90%. La région d’Arivonimamo a été choisie pour ses conditions extrêmes : terres arides et faible biodiversité. La plantule est plantée dans un mélange de terre volcanique et de micro-organismes (champignons et bactéries) lesquels vont s’étendre peu à peu et couvrir le terrain. Ramanankierena Heriniaina, chercheur au CNRE, a expliqué que les plantes ne peuvent vivrent qu’à condition qu’il y ait les conditions microbiologiques favorables à leur survie. Souvent ces micro-organismes sont propres à une plante ou à un écosystème donné. Ce sont ces conditions que l’on reconstitue avec le système des plantules améliorées. Il y a un échange permanent entre la plante et les micro-organismes (rétention de l’humidité, fixation de l’azote, etc.). Dans un premier temps, c’est par l’existence de ce bénéfice réciproque que la plante vit et évolue, puis, dans un deuxième temps, les micro-organismes colonisent les terrains avoisinants régénérant ainsi l’habitant naturel et l’apparition d’autres espèces diverses. Les plantules améliorées sont plantées de façon systématique, même sur des terres arides, et restituent au terrain les éléments nutritifs propices à la réapparition d’autres plantes et à la reconstruction d’un habitat pour la flore et la faune dans leurs conditions d’origine. Les résultats sont meilleurs sur les « savoka », les terrains qui ont subit des dégradations dues notamment aux feux de forêts, car ils gardent encore quelques critères d’origines des conditions biologiques des écosystèmes.
Selon l’équipe de chercheurs en microbiologie du CNRE, la politique de reboisement devrait être étudiée de pair avec le ministère de l’environnement et le CNRE afin de mettre en place un programme tenant compte à la fois des réalités des contraintes économiques et des recherches scientifiques. C’est la seule garantie d’un résultat durable et favorable à l’environnement. L’équipe du laboratoire de microbiologie de la CNRE est plutôt favorable à la plantation d’arbres appartenant aux espèces locales pour le reboisement. On se pose en effet la question pourquoi on persiste encore à planter des eucalyptus et des pins alors que ces arbres sont des espèces envahissantes et altèrent la qualité de la terre. La production d’espèces ligneuses est nécessaire pour satisfaire les besoins en bois de construction, mais aussi pour le bois de chauffe et la fabrication de pâte à papier. Les espèces importées comme la grévilia et la pollonia ont été choisie pour leur caractère à croissance rapide et résistante. Mais pour ces mêmes raisons, elles envahissent les terres au détriment des espèces locales et endémiques qui ont une croissante plus lente. Les chercheurs du CNRE ont évoqué le cas des plantations de pins qui ont détruit les forêts de tapia. Les pins et les eucalyptus ont des composés phénoliques qui appauvrissent la qualité des terres et détruisent l’équilibre biologique nécessaire aux écosystèmes. On assiste ainsi à une perte de la biodiversité et à la disparition de la flore te de la faune d’origine (beaucoup d’animaux de Madagascar ne peuvent pas vivre dans les forêts de pins ou d’eucalyptus). Madagascar se prépare à faire parti des pays vendeurs de crédits carbone. Le reboisement un élément important de ce marché car les forêts récemment plantées sont des « puits de carbone » capables de capturer et de séquestrer le carbone dans l’atmosphère. Mais la valeur d’un puit carbone à faible biodiversité est moindre par rapport à un milieu naturel local plus riche et plus diversifié. La tendance à la monoculture est pourtant le cas des reboisements composés d’espèces importées. Selon le laboratoire de microbiologie de la CNRE, Il devrait y avoir un système de zonage délimitant les reboisements de conservation pour les espèces locales et d’autres pour la production ligneuse. Ce programme devrait être accompagne d’un système de suivi permanent permettant de constater les résultats réels et les impacts sur l’environnement.
Le Laboratoire de Microbiologie pour l’Environnement a été crée il y a 10 ans et a bénéficié du financement du PIP pendant ses trois premières années. Depuis, le laboratoire survit grâce à des aides et à des coopérations venant de l’étranger, des ONG oeuvrant pour la conservation où des projets miniers tels que le QMM ou SHERRIT. Les chercheurs déplorent le manque de reconnaissance de l’état malgache et de financement pérenne. Les travaux du laboratoire de microbiologie de la CNRE sont pourtant reconnus à l’international et sont une référence dans région de l’Océan Indien.

vendredi 22 octobre 2010

ECONOMIE


POPULATION DE MADAGASCAR

Plus de 21 millions


Madagascar atteint 21 millions d’habitants, selon les dernières informations auprès de l’ Institut National des Statistiques (INSTAT) au sein du ministère de l’Economie. Le nombre exact de la population de la Grande Ile est de 21.795. 978, selon les données de l’INSTAT.

D’après l’INSTAT, la population de Madagascar atteindrait 43 millions d’habitants en 2038 avec le taux annuel de croissance démographique de 2,8%. La capitale Antananarivo a atteint les 6,5 millions d’habitants cette année.

Coopérations


CHAMBRES CONSULAIRES AFRICAINES ET FRANCOPHONES

Assemblée générale à Madagascar


La 36ème assemblée générale de la Conférence des chambres consulaires africaines et francophones se tiendra dans la Grande Ile. Cette réunion de grande envergure se déroulera les 2 et 3 novembre 2010 au Centre de Conférence International Ivato. 150 délégués consulaires participeront à cette assemblée qui est composée de 54 membres issus de 27 pays et qui recouvre aujourd’hui plus de 650 organisations consulaires. La fédération des Chambres de commerce et d’industrie de Madagascar qui vient d’élire son nouveau président a donc du pain sur la planche pour que cette rencontre internationale se déroule dans les meilleures conditions. Les opérateurs économiques du pays auront pour leur part l’occasion de développer des contacts avec des opérateurs d’Afrique et de l’espace francophone qui attendent un signal positif de la part du secteur privé malgache qui ont subit de plein fouet les impacts de la crise politique.

samedi 9 octobre 2010

ECONOMIE


Océan Indien, la nouvelle donne géoéconomique


Madagascar se situe-t-il dans la région où se joue « le sort du monde » ? Avec le développement fulgurant de l’économie chinoise, la région Afrique et Asie du Sud sont bien devenues le nouveau centre de gravité stratégique de la planète. En effet, c’est le nouveau statut économique de la Chine qui est en train de bouleverser les rapports de force mondiaux et place Madagascar comme l’un des pays qui pourront profiter économiquement, mieux que les autres, de la nouvelle donne. Les cargos qui fréquentent l’Océan Indien fournissent 80% du pétrole de la Chine et 65% du brut de l’Inde, des approvisionnements dont ont grandement besoin les économies de ces deux pays. Le Japon est lui aussi totalement dépendant du carburant qui passe par l’océan Indien. Dans cette zone éminemment stratégique, Pékin et New Delhi cherchent à conquérir de nouveaux espaces maritimes à un moment où leurs relations se trouvent pourtant au mieux depuis le conflit frontalier de 1962. L’Océan Indien est donc devenu un nouvel enjeu de rivalités. La Chine a apporté une aide énorme aux pays de l’Océan Indien, signant des pactes d’amitié, construisant des infrastructures… Rappelons que la société chinoise Wisco projette de construire un port à Madagascar dont le coût est estimé à 4,3 milliards de dollar. Aujourd’hui, l’Inde essaie de se rattraper. Washington et, dans une moindre mesure Tokyo, encouragent New Delhi à faire contrepoids à la puissante croissante de Pékin. Notons que les japonais appuient techniquement et financièrement le grand projet de modernisation du premier port de Madagascar à Toamasina.

Cela fait maintenant 6 ans que le Pentagone a évoqué le fameux collier de perles conçu par Pékin pour étendre sa présence dans la région. Chaque perle du collier est un lien dans la présence maritime chinoise. Semblant vouloir répondre à la Chine, l’Inde a installé des postes d’observation au Mozambique et à Madagascar., en partie pour surveiller les mouvements chinois. Les enjeux sont multiples et les grandes puissances extérieures mais impliquées dans l’Océan Indien, comme les Etats-Unis et la France, ne peuvent rester insensibles. A souligner également l’aspiration des autorités japonaises à disposer à terme, dans un contexte tendu en Asie orientale et incertain sur l’international, d’une marine de haute mer croisant dans l’Océan Indien. Ces mouvements provenant de l’archipel du Soleil Levant, à l’image de son implication opérationnelle actuelle dans la zone, témoignent de son intérêt très particulier récent pour cet espace géographique atypique comparé aux autres océans.

dimanche 3 octobre 2010

TECHNOLOGIES


La première implantation d'un cœur artificiel permanent à Rome


L’hôpital de l’Enfant Jésus de Rome a été le point de concentration du monde médical le jeudi 30 septembre 2010 car une intervention chirurgicale y a été menée 10 heures durant. Cette intervention, une grande première, consistait à l’implantation d’un cœur artificiel permanent sur un adolescent de 15 ans. Ce cœur, qui a été placé dans le thorax du jeune malade pour éliminer les risques d’infection, comporte un système de pompe hydraulique d’une taille très réduite qui a permis l’opération : 4cm. Une fiche placée à l’oreille gauche du garçon permet l’alimentation électrique du cœur à l’aide d’une batterie placée autour de sa ceinture. Notons que contrairement à ce cœur permanent, le cœur artificiel temporaire, très courant chez les malades cardiaques, était utilisé en attente d’une transplantation d’un nouveau cœur naturel compatible. Selon l’équipe médicale qui a traité le malade, celui-ci était inscrit dans le registre d’une maladie qui l’empêchait de faire partie des malades qui pouvaient attendre une transplantation classique.

vendredi 1 octobre 2010

ENTREPRISES

La Foire du Lait avec Land O'Lakes

Actuellement, un projet de promotion de la filière du lait prévu se dérouler sur 4 ans et voulant mettre en œuvre la loi américaine « Food for Progress » est en cours de réalisation à Madagascar. Financé à hauteur de 6,8 millions USD par l’USDA / Département de l’Agriculture Américain, la réalisation de ce projet est assurée par Land O’Lakes, une entité créée en 1921 et bien connue des opérateurs laitiers pour son niveau d’expertise dans l’animation de l’industrie du lait aux USA. Prévu se tenir du 18 au 21 novembre 2010, un événement intitulé Foire du Lait, dont l’organisation a été confiée à l’Agence Première Ligne. Cette agence de communication, bien connue pour son leadership dans l’organisation d’événementiels économiques à Madagascar, va travailler à mettre en exergue le fameux « Triangle Laitier » malgache à savoir les régions d’Analamanga, Vakinankatra, Bongolava-Itasy, Amoron’i Mania, Haute Matsiatra et à présenter l’ensemble de la chaîne opératoire de la filière du lait. Le projet exécuté par Land O’Lakes, ayant pour principal objectif d’améliorer l’efficience de la production laitière, d’améliorer la qualité du lait et enfin d’améliorer les cadres de la commercialisation des produits laitiers, utilisera la plateforme de la Foire du Lait et présentera à l’occasion de celle-ci les actions entreprises par le projet. Face à une consommation extrêmement peu élevée du lait à Madagascar (5 litres/h/ an), l’un des objectifs de ces différentes actions visent à soutenir et à élever les statistiques de consommation du lait ou produit laitier dans la Grande île tant le lait apparaît comme étant l’un des éléments essentiels pour le bon fonctionnement de l’organisme notamment chez les enfants. Si les statistiques de consommation à Madagascar pouvaient se rapprocher des chiffres connus sur le continent africain (25 litres/h/an) les futures générations pourraient être assurées d’une pleine santé qui serait précieuse pour le développement économique malgache. Alors que les besoins nationaux de Madagascar sont évalués à 100 millions de litres de lait par an (besoin loin d’être satisfait), la Foire du Lait, outre la présentation qui y sera faite des producteurs, fournisseurs, transformateurs et distributeurs, sera l’occasion de mobiliser les investisseurs tant nationaux, régionaux qu’internationaux. Sachant que la filière du lait est promise à une croissance importante à Madagascar, les organisateurs de cette Foire du Lait vont travailler, orienter et encourager les investisseurs nationaux à faire l’effort de prendre en considération une filière dont les performances et les résultats enregistrés par de récentes industries laitières malgaches devraient convaincre et inciter les plus sceptiques à investir dans cette filière. L’Agence Première Ligne avec le concours financier de Land O’Lakes donnent rendez-vous à la Foire du Lait pour comprendre les tenants et aboutissants de la filière et pour faciliter les rencontres et découvrir une industrie assurée d’un avenir prometteur.

samedi 25 septembre 2010

DEVELOPPEMENT DURABLE

Le Water Scraper, la solution ultime









Depuis l’annonce du problème du réchauffement climatique, les avis sont partagés sur la véracité du phénomène mais aussi sur les dispositions à prendre pour que l’espèce humaine puisse s’y adapter. Des solutions sont proposées par des chercheurs du monde entier. Beaucoup sont très réalistes dans leurs propositions et leurs projets. D’autres sont plus radicaux dans les mesures à prendre et sont mêmes considérés comme loufoques de par leurs solutions qui engagent toute une culture enraciné depuis des millénaires dans la vie de l’espèce humaine : celle de l’habitation selon laquelle, c’est une solution trouvée par l’homme pour se mettre à l’abri des prédateurs, du climat et de ses congénères. Cette habitation était habituellement ancrée dans la terre, elle a une fondation et érigée selon les besoins à une hauteur donnée pour répondre à une évolution culturelle, technologique, et sociale.
Le projet du Water Scraper, ou pour une traduction plus libre le « Gratte-mer », de l’architecte malaysien Sarly Adre Bin Sarkum est une solution dite « finale » ou « ultime » face à tous risques de déstabilisation et tout dérèglement de toutes formes : climatique, géographique, océanographique, et même tectonique. Ce projet est issu d’un concours lancé par le groupe d’architectes de New York eVolo sur les gratte-ciel futuristes. Les thèmes qui y étaient souvent traités étaient axés principalement sur deux sujets inhérents aux habitats contemporains : les dérèglements climatiques et l’épuisement des sources d’énergie fossile. Tous les concurrents qui ont participé au concours ont rendu des projets dits « classiques », c’est-à-dire des projets montrant des gratte-ciel dont l’architecture était très recherchée, les hauteurs dépassent l’entendement jusqu’à 3km, et dont la contenance surpasse celle des « petites » agglomérations de l’occident : 2 millions d’habitant. Comment peut-on faire vivre 2 millions de personnes avec tout ce que cela suppose comme besoins principaux comme l’énergie, l’alimentation, l’air pur, la lumière, mais aussi les rejets de déchets organiques et chimiques, professionnels et domestiques.
Le Water Scraper de Sarly Adre Bin Sarkum est peut-être le début d’une réponse à toutes ces questions. Il a prévu beaucoup d’installations qui sont sujets à des expérimentations mais aussi réalisables que les projets que nous connaissons actuellement : les capteurs solaires et les capteurs de lumière, les capteurs de mouvements, les gouvernails guidés par l’électronique…
L’ensemble tient et ne dérive jamais grâce à des centaines de tentacules et des lests qui maintiennent le Water Scraper en équilibre. Ces tentacules captent l’énergie cinétique de la mer et la transmet à l’ensemble pour que celui-ci se tienne à l’équilibre vertical permanent.
Ainsi, la mer, le soleil et le vent sont utilisés au maximum pour que le Water Scraper ne manque jamais d’énergie. Mieux, il peut même en fournir pour les petits embarquements qui l’accompagnent pour la mobilité de ses habitants. Le principe du projet tient toujours en une phrase : rien ne se perd. Les déchets sont tous récupérés pour produire soit des engrais pour le parc situé au sommet de la partie émergée, soit pour nourrir les animaux, soit pour fabriquer des matériaux nécessaires aux entretiens. Toutes les activités « normales » d’une ville y sont prévues : toutes les activités professionnelles à part l’industrie lourde, agriculture, recherches et développements, soins et chirurgies lourdes, loisirs et sports. Bref, une autonomie totale pour tous les habitants y est prévue.
Alors, il est fou ce projet ? Ou son architecte est prévenant et nous met en garde sur notre retard sur les évènements ?

samedi 18 septembre 2010

DEVELOPPEMENT DURABLE


Le Baobab, un espoir pour l'économie et l'environnement



Pepsi et baobab : deux géants font la paire
Le baobab commence à être replanté dans plusieurs pays d'Afrique. Les baobabs du genre Adansonia suscitent de nouveau l’intérêt de l'industrie agroalimentaire grâce aux bienfaits de son fruit et plus précisément de sa pulpe. Les produits à base de pulpe de baobab commencent à se multiplier et à trouver des débouchés bien au-delà de l'Afrique. On trouve des confitures, des chocolats, des bonbons, du jus de fruit et des yaourts, tandis qu'au Japon vient de apparaître le « Pespi Baobab ». Contrairement à certaines plantations d’espèces introduites en Afrique pour l’agroalimentaire ou à l’agro carburant, le baobab est un arbre qui existe déjà sur le continent et sur la Grande Ile et ne risque pas de détruire les écosystèmes.

Outre que l’arbre du baobab est un formidable réservoir d’eau pouvant retenir jusqu'à 100.000 litres qui peut être récupéré dans son tronc sans détruire l'arbre, en Afrique et à Madagascar, les services rendus par le baobab sont déjà connus depuis longtemps. La pulpe du fruit est utilisée dans la médecine traditionnelle pour combattre la fièvre, les douleurs et la diarrhée. Elle est riche en vitamine B1, B2, B3, en calcium et surtout en vitamine C : 2500 à 3000 mg/kg, soit six fois supérieure à celle contenue dans une orange. Elle contient des acides qui peuvent être utilisées pour faire coaguler le lait pour faire du yaourt. A Madagascar, elle est très connue pour ses vertus anti-rides dans le cosmétique à base de plante. Enfin, dans certaines parties d'Afrique, la pulpe de baobab est brûlée pour fumiger les insectes qui parasitent le bétail domestique.
Pourtant, le baobab pourrait être en danger
Cet arbre géant est gorgé d'humidité et donc ne brûle pas et ne peut servir de bois de chauffage. De plus, il a une forte capacité de régénération : il suffit qu’un petit nombre de racines soient conservées ou que quelques branches soient enterrées, pour qu’il repousse à nouveau. Il n’a donc aucune raison de disparaître, pourtant, il est en danger. Depuis des années, en Afrique comme à Madagascar, qui abrite six espèces endémiques, les jeunes baobabs deviennent de moins en moins nombreux et de moins en moins robustes.
L’Adansonia digitata, le baobab d'Afrique est présent dans 31 pays africains dans les régions les plus sèches du Sud Sahara jusqu'aux forêts à Madagascar. C’est l’espèce la plus répandue et la mieux étudiée en Afrique. L’Adansonia grandidieri, mesurant de 30 à 40 mètres est le plus imposant des baobabs. C’est celui qui forme la célèbre allée des baobabs de Morondava. Si la floraison peut se prolonger pendant 6 semaines de novembre à décembre et sporadiquement au cours de l’année, la durée de vie des fleurs est très courte. Les fleurs commencent à s'ouvrir vers la fin de l'après-midi, s'ouvrent complètement en soirée et tombent le lendemain à l'aube. Elles ne durent donc que 12 heures. De plus, le nombre de fleurs par arbre peut être très réduit et varie de 1 à 50 par jour. Cette particularité donne aux animaux nocturnes un rôle vital à la reproduction du baobab. Les fleurs émettent une odeur qui attire en particulier les chauves-souris qui vont jouer ainsi le rôle important de pollinisateur. Avec leurs griffes, elles s'accrochent quelques secondes à la corolle pour recueillir le nectar. A Madagascar, en plus des chauves-souris frugivores, les lémuriens jouent un rôle important dans la pollinisation. La survie des baobabs va donc de paire avec celle des chauves souris et des lémuriens. Ces deux animaux sont pourtant en danger à cause de la déforestation, de la fragmentation et la destruction de leurs habitats et de la chasse. Un phénomène nouveau vient s’ajouter à ces dangers en ce qui concerne la chauve souris : c’est la collecte de guano qui fait rage actuellement et dont on ne sait encore rien sur l’impact réel sur les écosystèmes et la survie des chauves souris.
Une nouvelle reconnaissance économique pour un arbre millénaire
La pulpe de baobab a obtenu l'agrément « Nouvel aliment » en 2008 au sein de la Communauté Européenne, après la démarche de l’association PhytoTrade Africa. Cet agrément ne concerne à ce jour que l’espèce Adansonia digitata. Fin juillet 2009, la FDA (Food and Drug Administration) aux Etats-Unis a accordé ce statut à la pulpe produite par la société Baobab Fruit Company Senegal. Le scientifique Sébastien Garnaud s’est spécialisé dans l’étude et la conservation de cet arbre en Afrique et à Madagascar. Il a créé l’association Inecoba (Institut pour l'étude et la conservation du baobab) et recense les nouveaux produits dérivés, qui vont peut être changer le destin de l'arbre. Un nouveau marché, qui rentre tout à fait dans le cadre d’un développement économique local durable et la reconstruction d'écosystèmes, semble s'ouvrir et Madagascar devrait pouvoir pleinement en profiter. En effet, il n’y a aucune raison pour que dans la Grande Ile où la consommation de pulpe de fruit pour faire des jus de fruits est déjà largement rentrer dans les mœurs, le développement de l’exploitation du fruit de baobab endémique ne fasse pas l’objet de recherches plus poussées. On estime que les baobabs sont prêts à produire des fruits entre 8 et 23 ans. Un baobab produit en moyenne 200 kg de fruits mais la production en est très fluctuante voir même absente certaines années. Une technique de greffage mise au point au Mali a permis non seulement d’obtenir des plants appropriés pour la production de fruit dès la troisième année mais elle a conduit également à des arbres plus petits, ce qui facilite la récolte des fruits. En effet la croissance en hauteur des baobabs est de l’ordre de 0,8 à 2 m par an.

Fara Andria

mercredi 15 septembre 2010

INDUSTRIE


La Jirama en guerre contre la dépendance à l'énergie thermique


En installant trois moteurs de la centrale thermique de Betainomby Toamasina, la Jirama a accru son coût d’exploitation total. Pour information, une centrale thermique est intéressante à l’installation mais dont l’exploitation coûte plus chère à la compagnie, donc par répercussion aux clients de la Jirama du fait des besoins en fuel à l’allumage de chaque moteur. Si nous suivons la logique économique des deux parties, fournisseurs et usagers, il fallait plutôt procéder à l’installation de centrale hydroélectrique fonctionnant aux seuls débits d’eau fournis par les cours d’eau qui ne manquent pas sur la grande île. Cette dernière coutera certes plus cher qu’une centrale thermique de 11 millions de dollars comme celle de Betainomby et qui alimente 18mégawatts d’énergie à la région Atsinanana. Mais à l’exploitation à long terme, une centrale hydroélectrique n’aura pas besoin de matière d’allumage ni d’autres sources qui reviennent chères et qui sont tarissables comme le fuel. Cela réduira obligatoirement la facture d’exploitation de la compagnie et donc la facture imposée aux clients.

En installant la troisième turbine sur la centrale hydroélectrique d’Andekaleka qui fournira 29MW, la Jirama nous révèle petit à petit son intention de procéder à l’abandon progressif des centrales thermiques mais qu’elle est aussi obligée de se désengager à pas réduit car les besoins dans les régions se font de plus en plus pressants, investissements industriels obligent (miniers, portuaires). Parallèlement aux grandes installations industrielles, les demandes locales ont augmenté suivant le nombre de travailleurs et autres fournisseurs liés aux grands projets.

Dans tous les cas, la Jirama suivra les demandes, 460MW pour une installation industrielle de la taille de Rio Tinto QMM, mais surtout se pliera tôt ou tard aux contraintes technologiques, économiques et surtout environnementales selon lesquelles la compagnie abandonnera les centrales thermiques pour les hydroélectriques ou autres qui rendront toutes ses installation à long terme dépendantes des ressources naturelles. Et notre compagnie a annoncé le début de la bataille avec l’initiative privée de sociétés comme le groupe Henri Fraise, Enelec, Hydelec et Sheritt mais aussi des régions qui profiteront de ce désengagement et des nouvelles installations. En témoignent les nouvelles installations programmées durant ce troisième trimestre (voir graphique). Le taux d’électrification urbain est de 55% et sur le plan national, il est de 22%. La Jirama a par ailleurs annoncé que l’étude de faisabilité d’une centrale hydroélectrique sur la chute d’Ivolobe qui pourrait produire jusqu’à 90MW pour la région Atsinanana a été lancée.

dimanche 12 septembre 2010

ENTREPRISES



SME Toolkit poussé par BOA Madagascar, IFC et Zain vers un public plus large

Si dans notre dernier numéro (N°28), nous avons présenté à nos lecteurs la boîte à outil pour les PME, SME Toolkit, celui-ci a déjà avancé un autre pion vers une autre cible qui constitue un grand vivier considérable d’entrepreneurs : le grand public. Comme il a été expliqué dans le précédent article, la forme initiale de SME Toolkit, lancée par International Finance Corporation IFC et Zain, était poussée vers un segment cible qui rencontrera l’outil à travers le site madagascar.smetoolkit.org et le cd de SME Toolkit distribué par les agences Zain. Les promoteurs de ce projet, avec la collaboration de la BOA Madagascar, ont eu l’idée de pousser davantage le produit vers un large public qui passera, outre les agences de Zain, par les agences de BOA Madagascar. Les agences pilotes choisies pour cette opération sont celles de Tanjombato, Ambanidia, Sabotsy Namehana, Mahitsy et Itaosy. Cette première phase de déploiement constitue un test pour les promoteurs et les partenaires du projet et, selon le directeur général de Zain, Tsiresy Randriamampionona, sera appelé à étendre le projet sur tout le territoire national à un rythme suivant l’adhésion du public à cet outil. Cette opération entre dans la perspective de développement et des engagements de Boa Madagascar en tant que « banque tous publics » selon les termes de Jacques Dilet, directeur général de BOA Madagascar, à aider et accompagner les jeunes entreprises et le public dans leurs activités et, si la pertinence de l’opération se confirme après la période test, elle poussera toutes ses agences dans toute l’île à fédérer les PME sur le site SME Toolkit. Notons que la Banque Mondiale à travers IFC, Zain par l’outil SME Toolkit et Boa Madagascar ont gardé la gratuité quant à l’accès aux services offerts par le site internet et le CD. La gratuité s’étend également sur les conseils dispensés par les cinq premières agences de la BOA Madagascar, sachant que les agents y ont suivi une formation certifiée par l’IFC pour guider le public dans l’utilisation de SME Toolkit.

N E W S

Seaweed Seychelles : fertilisant agricole à base d'algues marines

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Seaweed Seychelles va débarrasser l'archipel de plusieurs tonnes de dépôts d'algues marines par an sur les plages

Mines d'or de Dabolava : agrément acquis par Prophecy Development Corporation

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Le projet de Dabolava a attiré la compagnie canadienne Prophecy Development Corp. , dirigée par John Lee, pour ses mines d'or, de charbon et d'uranium

Madagascar : la Jirama fait face à la hausse des vols et des fraudes

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Vols de câble, branchements illicites, ... La Jirama, compagnie nationale d'électricité et d'eau à Madagascar, fait face à un phénomène qui alourdit son bilan

Contrôle du secteur minier : Madagascar s'offre un Mining Business Center

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Avec l'installation du Mining Business Center, Madagascar poursuit son effort d'industrialisation progressive du secteur minier.

L'Etat malgache décaissera le fonds pour apurer la dette d'Air Madagascar

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Vonintsalama Andriambololona, ministre malgache des Finances et du Budget, et Ralava Beboarimisa, celui des Transports et de la Météorologie, engageront pour l'Etat malgache le processus de désendettement d'Air Madagascar.

Constance Hotels & Resorts signe un partenariat technologique avec Duetto

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Constance Tsarabanjina à Madagascar fera partie des sept hôtels du groupe Constance Hotels & Resorts qui utiliseront les applications de Duetto.

Remaniement gouvernemental : le Gabon face aux nouveaux défis économiques

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Sous l'impulsion de Jean-Fidèle Otandault, nouveau ministre du Budget et des Comptes Publics, le Gabon s'attèle à la relance de son économie et à des réformes structurelles.

Nosy-Be : Alpitour mise gros sur la gestion d'Andilana Beach après sa rénovation

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La présence du groupe Alpitour dans la gestion d'Andilana Beach Resort, dirigé jusqu'ici par Andrea Aiolfi, transformera totalement l'hôtel et la destination Nosy-Be.

Ces cabinets de lobbying qui essaiment en Afrique

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Inconnus du public, ils sont les acteurs clés dans les relations publiques, le lobbying et les organisations d'événements institutionnels en Afrique.

Graphiques | Juin 2017

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