dimanche 6 juin 2010

DEVELOPPEMENT DURABLE


ENVIRONNEMENT ET SCIENCES SOCIALES

Point de vue de chercheurs du CNRE

Le Centre National de Recherches sur l'Environnement est un organisme qui mène des recherches sur la connaissance et la préservation de la biodiversité pour l'amélioration de la qualité de vie des communautés rurales et urbaines. En particulier, le département Environnement et Sciences sociales a pour mission la valorisation des ressources humaines aux fins de développement social, culturel et économique durable, l'intégration des innovations pour la sauvegarde de l'environnement et l'étude d'impacts de la gestion de l'environnement sur le milieu social. Lorsqu'on parle de biodiversité, on parle des variétés d'espèces animales et végétales et des pressions anthropiques qu'elle subit mais on omet souvent d'intégrer l'espèce humaine qui est le coeur même de cette biodiversité. Le département Environnement et Sciences sociales du CNRE met l'homme, sa culture, son économie et sa structure communautaire au centre de ses recherches. Son équipe se compose de juristes, d'anthropologues, d'économistes et d'historiens, ce qui permet d'avoir un angle de vue plus élargie du problème du recul de la biodiversité et des conséquences économiques et sociales qu'il implique. Il y a une interaction étroite entre l'homme et la nature, mais, selon le point de vue du département, c'est l'homme qui est le sommet du cycle productif de ce système.

Des indicateurs économiques peu fiables
S'agissant du programme de développement des aires protégées, la conservation des forêts a été privilégiée, souvent au détriment de l'aspect communautaire, ce qui a eu pour conséquences des conflits fonciers avec les populations locales et ce malgré l'application de la Gestion Locale Sécurisée (GELOSE). Il demeure, à Madagascar, une économie moderne et qui n'est pas prise en compte par le pouvoir central et les bailleurs de fonds mais qui est le seul système reconnu par les populations locales. Ainsi, la notion même du droit foncier, de l'échange et de la gestion des ressources est totalement différente de celle qu'on applique dans les administrations modernes, ce qui mène à se demander si les indicateurs de développement actuels sont fiables.

Des impacts parfois néfastes des politiques économiques
Le CNRE se penche sur l'étude d'impact des politiques économiques (constructions de routes et d'adduction d'eau, les microfinances, ...) sur l'organisation socio-économique des populations locales et conséquences sur la biodiversité. Ces politiques économiques ont parfois impliqué une économie de prédation par l'homme sur les forêts en introduisant l'économie de marché dans les communautés traditionnelles. Ainsi, le phénomène des "hatsaka" dans le sud-ouest du pays où on trouve des forêts sèches et denses et dont la biodiversité est très fragile. Trois éléments se sont conjugués : la promotion de la culture de maïs par l'état, la crise économique des années 80, la recrudescence des vols de bétail seule richesse de la population locale. En conséquence, les éleveurs contemplatifs de boeufs se sont reconvertis à la culture de maïs en décimant des milliers d'hectares de forêt. Le sol a été surexploité et mal entretenu jusqu'à épuisement des éléments nutritifs. Cependant, une nouvelle génération de nouveaux riches est apparue désorganisant totalement les modes de consommation et le fondement même des us et coutumes des populations qui avaient auparavant une relation de respect et de conservation des milieux naturels dont ils dépendaient.

Des économies souterraines méconnues
Le CNRE prépare actuellement une étude sur l'impact de la crise politique à Madagascar et met l'accent sur l'économie "souterraine", ou "informelle" selon les administrations, qui est une forme d'économie qui a toujours existé dans notre pays et qui a des règles, des mécanismes, des ingéniosités qu'il faut décrypter car elle constitue largement les sources de revenus et de production de richesse du pays. Ces économies souterraines sont des alternatives où la population puise des ressources en cas de crise et qui permet aux malgaches de se mettre à l'abri quels que soient les facteurs de blocage de l'économie. "Ces économies sont en quelque sorte un sas de mutation, un vestiaire, pour passer d'un système à l'autre. Mais quoiqu'il en soit, les crises augmentent la pression anthropique sur les ressources naturelles", selon Ranaivoson Socrate, chef de département Environnement et Sciences sociales du CNRE.

Andria Fara

mardi 1 juin 2010

ENTREPRISES


L'apport de Madagascar DLC

L'évolution de la technologie de pointe d'un coté, la crise économique qui oblige la réduction de budget de l'autre, la première pourrait résoudre la seconde. Le service de visioconférence multipoints offert par Madagascar DLC (Development Learning Center) peut être la solution idéale pour réduire les longs déplacements pour les institutions ou les entreprises. Ce centre appartient au réseau mondial d'échange de formations pour le développement GDLN (Global Development Learning Center). C'est un lieu qui peut être utilisé pour des formations, des réunions, des séminaires, des ateliers virtuels ou semi-virtuels permettant de mettre en liaison à distance et en temps réel des personnes qui se connectent. Mais l'originalité de Madagascar DLC, c'est qu'il offre la possibilité pour les entreprises ou les opérateurs économiques de tous bords d'organiser des réunions d'affaires, des discussions face-à-face ou des visioconférences avec des interlocuteurs du monde entier permettant ainsi d'éviter les déplacements avec tout cela implique comme coûts et perte de temps et ce dans un cadre spécialement conçu pour de telles rencontres mis aux normes reconnues et une infrastructure technologique de pointe permettant des visioconférences polycom. Situé dans la zone administrative d'Anosy, le centre dispose d'une salle de visioconférence pouvant accueillir jusqu'à 40 participants, d'une salle multimédia équipée de 40 ordinateurs avec accès Internet haut débit et d'une salle de meeting spacieuse et équipée de matériel nécessaire à l'animation de 25 personnes. Les locaux et les infrastructures peuvent être mis en location, mais le centre peut aussi identifier les contenus et les fournisseurs de contenu correspondant aux besoins de leurs clients et les mettre à leur disposition.

DEVELOPPEMENT DURABLE


L'économie de la biodiversité
Quantifier l'immesurable, un nouveau défi mondial

La perte de la biodiversité et des écosystèmes constitue une menace pour le fonctionnement de notre planète, de notre économie et de société humaine. L'impact des pressions accumulées sur les écosystèmes peut ne pas se faire sentir pendant des années jusqu'à ce que le point de non retour soit atteint et les réactions en chaîne entraineront les destructions définitives. Pour prendre un exemple concret, une récente étude internationale révèle que des centaines d'espèces de plantes médicinales, dont les éléments chimiques présents à l'état naturel constituent la base de plus de 50% de tous les médicaments, sont menacés d'extinction. Comme le disait Stavos Dimas, commissaire à l'environnement de la Communauté européenne, "nous sommes pour ainsi dire en train d'effacer le disque dur de la nature sans même connaitre les données qu'il contient".

Les services rendus par les écosystèmes qui sont les bienfaits que nous tirons de notre milieu naturel n'ont jamais fait l'objet de considération économique ou étaient évalués à moindre prix. Ainsi l'eau douce, les denrées alimentaires, la capacité des forêts à absorber le carbone, la régulation des climats, l'air qu'on respire, la couche d'ozone qui nous protège du soleil sont consommés par l'homme et n'ont qu'une part très réduite dans l'évaluation classique du PIB d'un pays. C'est une des causes principales de l'échec des systèmes économiques et financiers qui entrainent les pays en développement en particulier dans un cycle d'entretien de la pauvreté. Environ 60% des services rendus par les écosystèmes de la planète se sont dégradés au cours des 50 dernières années, principalement du fait des activités humaines et des facteurs tels que la croissance démographique, la conversion des cultures vivrières diversifiées en culture intensive, l'expansion économique et le changement climatique. L'économie des écosystèmes et de la biodiversité fait actuellement l'objet d'importantes études qui réunissent des économistes et des scientifiques du monde entier. L'objectif est de quantifier ces services que la nature nous apporte et d'évaluer le coût de la perte de la biodiversité et de la dégradation des écosystèmes. La tâche est extrêmement ambitieuse car il s'agit de rassembler de grandes quantités d'informations en très peu de temps vu l'urgence de la situation. Parallèlement à ce travail d'inventaire et d'évaluation, des solutions pour la réduction des pressions sur la biodiversité sont proposées par les économistes, notamment l'adoption des politiques qui récompensent la préservation de ces biens et qui attribuent une valeur marchande à la fourniture ou à l'utilisation de ces services. Ainsi, par exemple, la conservation forestière qui abrite des puits de carbone, celle de la biodiversité qui assure la pérennité de l'équilibre de l'écosystème et du cycle de la vie naturelle, mais aussi l'utilisation des énergies renouvelables et des procédés de production qui préservent l'environnement, font l'objet d'un système de compensation qui est en train de se mettre en place. Madagascar, dont les forêts ont une forte capacité d'absorption de carbone, commence à intéresser le monde consécutivement à cette nouvelle forme d'économie qui est le marché du carbone. Un projet pilote Makira Atsimon'i Masoala mené par la WCS est un des précurseurs de ce système de compensation, mais dans le reste de l'île, les travaux sont encore à l'état d'étude et sont menés principalement par les ONG internationales.

Andria Fara

N E W S