samedi 25 septembre 2010

DEVELOPPEMENT DURABLE

Le Water Scraper, la solution ultime









Depuis l’annonce du problème du réchauffement climatique, les avis sont partagés sur la véracité du phénomène mais aussi sur les dispositions à prendre pour que l’espèce humaine puisse s’y adapter. Des solutions sont proposées par des chercheurs du monde entier. Beaucoup sont très réalistes dans leurs propositions et leurs projets. D’autres sont plus radicaux dans les mesures à prendre et sont mêmes considérés comme loufoques de par leurs solutions qui engagent toute une culture enraciné depuis des millénaires dans la vie de l’espèce humaine : celle de l’habitation selon laquelle, c’est une solution trouvée par l’homme pour se mettre à l’abri des prédateurs, du climat et de ses congénères. Cette habitation était habituellement ancrée dans la terre, elle a une fondation et érigée selon les besoins à une hauteur donnée pour répondre à une évolution culturelle, technologique, et sociale.
Le projet du Water Scraper, ou pour une traduction plus libre le « Gratte-mer », de l’architecte malaysien Sarly Adre Bin Sarkum est une solution dite « finale » ou « ultime » face à tous risques de déstabilisation et tout dérèglement de toutes formes : climatique, géographique, océanographique, et même tectonique. Ce projet est issu d’un concours lancé par le groupe d’architectes de New York eVolo sur les gratte-ciel futuristes. Les thèmes qui y étaient souvent traités étaient axés principalement sur deux sujets inhérents aux habitats contemporains : les dérèglements climatiques et l’épuisement des sources d’énergie fossile. Tous les concurrents qui ont participé au concours ont rendu des projets dits « classiques », c’est-à-dire des projets montrant des gratte-ciel dont l’architecture était très recherchée, les hauteurs dépassent l’entendement jusqu’à 3km, et dont la contenance surpasse celle des « petites » agglomérations de l’occident : 2 millions d’habitant. Comment peut-on faire vivre 2 millions de personnes avec tout ce que cela suppose comme besoins principaux comme l’énergie, l’alimentation, l’air pur, la lumière, mais aussi les rejets de déchets organiques et chimiques, professionnels et domestiques.
Le Water Scraper de Sarly Adre Bin Sarkum est peut-être le début d’une réponse à toutes ces questions. Il a prévu beaucoup d’installations qui sont sujets à des expérimentations mais aussi réalisables que les projets que nous connaissons actuellement : les capteurs solaires et les capteurs de lumière, les capteurs de mouvements, les gouvernails guidés par l’électronique…
L’ensemble tient et ne dérive jamais grâce à des centaines de tentacules et des lests qui maintiennent le Water Scraper en équilibre. Ces tentacules captent l’énergie cinétique de la mer et la transmet à l’ensemble pour que celui-ci se tienne à l’équilibre vertical permanent.
Ainsi, la mer, le soleil et le vent sont utilisés au maximum pour que le Water Scraper ne manque jamais d’énergie. Mieux, il peut même en fournir pour les petits embarquements qui l’accompagnent pour la mobilité de ses habitants. Le principe du projet tient toujours en une phrase : rien ne se perd. Les déchets sont tous récupérés pour produire soit des engrais pour le parc situé au sommet de la partie émergée, soit pour nourrir les animaux, soit pour fabriquer des matériaux nécessaires aux entretiens. Toutes les activités « normales » d’une ville y sont prévues : toutes les activités professionnelles à part l’industrie lourde, agriculture, recherches et développements, soins et chirurgies lourdes, loisirs et sports. Bref, une autonomie totale pour tous les habitants y est prévue.
Alors, il est fou ce projet ? Ou son architecte est prévenant et nous met en garde sur notre retard sur les évènements ?

samedi 18 septembre 2010

DEVELOPPEMENT DURABLE


Le Baobab, un espoir pour l'économie et l'environnement



Pepsi et baobab : deux géants font la paire
Le baobab commence à être replanté dans plusieurs pays d'Afrique. Les baobabs du genre Adansonia suscitent de nouveau l’intérêt de l'industrie agroalimentaire grâce aux bienfaits de son fruit et plus précisément de sa pulpe. Les produits à base de pulpe de baobab commencent à se multiplier et à trouver des débouchés bien au-delà de l'Afrique. On trouve des confitures, des chocolats, des bonbons, du jus de fruit et des yaourts, tandis qu'au Japon vient de apparaître le « Pespi Baobab ». Contrairement à certaines plantations d’espèces introduites en Afrique pour l’agroalimentaire ou à l’agro carburant, le baobab est un arbre qui existe déjà sur le continent et sur la Grande Ile et ne risque pas de détruire les écosystèmes.

Outre que l’arbre du baobab est un formidable réservoir d’eau pouvant retenir jusqu'à 100.000 litres qui peut être récupéré dans son tronc sans détruire l'arbre, en Afrique et à Madagascar, les services rendus par le baobab sont déjà connus depuis longtemps. La pulpe du fruit est utilisée dans la médecine traditionnelle pour combattre la fièvre, les douleurs et la diarrhée. Elle est riche en vitamine B1, B2, B3, en calcium et surtout en vitamine C : 2500 à 3000 mg/kg, soit six fois supérieure à celle contenue dans une orange. Elle contient des acides qui peuvent être utilisées pour faire coaguler le lait pour faire du yaourt. A Madagascar, elle est très connue pour ses vertus anti-rides dans le cosmétique à base de plante. Enfin, dans certaines parties d'Afrique, la pulpe de baobab est brûlée pour fumiger les insectes qui parasitent le bétail domestique.
Pourtant, le baobab pourrait être en danger
Cet arbre géant est gorgé d'humidité et donc ne brûle pas et ne peut servir de bois de chauffage. De plus, il a une forte capacité de régénération : il suffit qu’un petit nombre de racines soient conservées ou que quelques branches soient enterrées, pour qu’il repousse à nouveau. Il n’a donc aucune raison de disparaître, pourtant, il est en danger. Depuis des années, en Afrique comme à Madagascar, qui abrite six espèces endémiques, les jeunes baobabs deviennent de moins en moins nombreux et de moins en moins robustes.
L’Adansonia digitata, le baobab d'Afrique est présent dans 31 pays africains dans les régions les plus sèches du Sud Sahara jusqu'aux forêts à Madagascar. C’est l’espèce la plus répandue et la mieux étudiée en Afrique. L’Adansonia grandidieri, mesurant de 30 à 40 mètres est le plus imposant des baobabs. C’est celui qui forme la célèbre allée des baobabs de Morondava. Si la floraison peut se prolonger pendant 6 semaines de novembre à décembre et sporadiquement au cours de l’année, la durée de vie des fleurs est très courte. Les fleurs commencent à s'ouvrir vers la fin de l'après-midi, s'ouvrent complètement en soirée et tombent le lendemain à l'aube. Elles ne durent donc que 12 heures. De plus, le nombre de fleurs par arbre peut être très réduit et varie de 1 à 50 par jour. Cette particularité donne aux animaux nocturnes un rôle vital à la reproduction du baobab. Les fleurs émettent une odeur qui attire en particulier les chauves-souris qui vont jouer ainsi le rôle important de pollinisateur. Avec leurs griffes, elles s'accrochent quelques secondes à la corolle pour recueillir le nectar. A Madagascar, en plus des chauves-souris frugivores, les lémuriens jouent un rôle important dans la pollinisation. La survie des baobabs va donc de paire avec celle des chauves souris et des lémuriens. Ces deux animaux sont pourtant en danger à cause de la déforestation, de la fragmentation et la destruction de leurs habitats et de la chasse. Un phénomène nouveau vient s’ajouter à ces dangers en ce qui concerne la chauve souris : c’est la collecte de guano qui fait rage actuellement et dont on ne sait encore rien sur l’impact réel sur les écosystèmes et la survie des chauves souris.
Une nouvelle reconnaissance économique pour un arbre millénaire
La pulpe de baobab a obtenu l'agrément « Nouvel aliment » en 2008 au sein de la Communauté Européenne, après la démarche de l’association PhytoTrade Africa. Cet agrément ne concerne à ce jour que l’espèce Adansonia digitata. Fin juillet 2009, la FDA (Food and Drug Administration) aux Etats-Unis a accordé ce statut à la pulpe produite par la société Baobab Fruit Company Senegal. Le scientifique Sébastien Garnaud s’est spécialisé dans l’étude et la conservation de cet arbre en Afrique et à Madagascar. Il a créé l’association Inecoba (Institut pour l'étude et la conservation du baobab) et recense les nouveaux produits dérivés, qui vont peut être changer le destin de l'arbre. Un nouveau marché, qui rentre tout à fait dans le cadre d’un développement économique local durable et la reconstruction d'écosystèmes, semble s'ouvrir et Madagascar devrait pouvoir pleinement en profiter. En effet, il n’y a aucune raison pour que dans la Grande Ile où la consommation de pulpe de fruit pour faire des jus de fruits est déjà largement rentrer dans les mœurs, le développement de l’exploitation du fruit de baobab endémique ne fasse pas l’objet de recherches plus poussées. On estime que les baobabs sont prêts à produire des fruits entre 8 et 23 ans. Un baobab produit en moyenne 200 kg de fruits mais la production en est très fluctuante voir même absente certaines années. Une technique de greffage mise au point au Mali a permis non seulement d’obtenir des plants appropriés pour la production de fruit dès la troisième année mais elle a conduit également à des arbres plus petits, ce qui facilite la récolte des fruits. En effet la croissance en hauteur des baobabs est de l’ordre de 0,8 à 2 m par an.

Fara Andria

mercredi 15 septembre 2010

INDUSTRIE


La Jirama en guerre contre la dépendance à l'énergie thermique


En installant trois moteurs de la centrale thermique de Betainomby Toamasina, la Jirama a accru son coût d’exploitation total. Pour information, une centrale thermique est intéressante à l’installation mais dont l’exploitation coûte plus chère à la compagnie, donc par répercussion aux clients de la Jirama du fait des besoins en fuel à l’allumage de chaque moteur. Si nous suivons la logique économique des deux parties, fournisseurs et usagers, il fallait plutôt procéder à l’installation de centrale hydroélectrique fonctionnant aux seuls débits d’eau fournis par les cours d’eau qui ne manquent pas sur la grande île. Cette dernière coutera certes plus cher qu’une centrale thermique de 11 millions de dollars comme celle de Betainomby et qui alimente 18mégawatts d’énergie à la région Atsinanana. Mais à l’exploitation à long terme, une centrale hydroélectrique n’aura pas besoin de matière d’allumage ni d’autres sources qui reviennent chères et qui sont tarissables comme le fuel. Cela réduira obligatoirement la facture d’exploitation de la compagnie et donc la facture imposée aux clients.

En installant la troisième turbine sur la centrale hydroélectrique d’Andekaleka qui fournira 29MW, la Jirama nous révèle petit à petit son intention de procéder à l’abandon progressif des centrales thermiques mais qu’elle est aussi obligée de se désengager à pas réduit car les besoins dans les régions se font de plus en plus pressants, investissements industriels obligent (miniers, portuaires). Parallèlement aux grandes installations industrielles, les demandes locales ont augmenté suivant le nombre de travailleurs et autres fournisseurs liés aux grands projets.

Dans tous les cas, la Jirama suivra les demandes, 460MW pour une installation industrielle de la taille de Rio Tinto QMM, mais surtout se pliera tôt ou tard aux contraintes technologiques, économiques et surtout environnementales selon lesquelles la compagnie abandonnera les centrales thermiques pour les hydroélectriques ou autres qui rendront toutes ses installation à long terme dépendantes des ressources naturelles. Et notre compagnie a annoncé le début de la bataille avec l’initiative privée de sociétés comme le groupe Henri Fraise, Enelec, Hydelec et Sheritt mais aussi des régions qui profiteront de ce désengagement et des nouvelles installations. En témoignent les nouvelles installations programmées durant ce troisième trimestre (voir graphique). Le taux d’électrification urbain est de 55% et sur le plan national, il est de 22%. La Jirama a par ailleurs annoncé que l’étude de faisabilité d’une centrale hydroélectrique sur la chute d’Ivolobe qui pourrait produire jusqu’à 90MW pour la région Atsinanana a été lancée.

dimanche 12 septembre 2010

ENTREPRISES



SME Toolkit poussé par BOA Madagascar, IFC et Zain vers un public plus large

Si dans notre dernier numéro (N°28), nous avons présenté à nos lecteurs la boîte à outil pour les PME, SME Toolkit, celui-ci a déjà avancé un autre pion vers une autre cible qui constitue un grand vivier considérable d’entrepreneurs : le grand public. Comme il a été expliqué dans le précédent article, la forme initiale de SME Toolkit, lancée par International Finance Corporation IFC et Zain, était poussée vers un segment cible qui rencontrera l’outil à travers le site madagascar.smetoolkit.org et le cd de SME Toolkit distribué par les agences Zain. Les promoteurs de ce projet, avec la collaboration de la BOA Madagascar, ont eu l’idée de pousser davantage le produit vers un large public qui passera, outre les agences de Zain, par les agences de BOA Madagascar. Les agences pilotes choisies pour cette opération sont celles de Tanjombato, Ambanidia, Sabotsy Namehana, Mahitsy et Itaosy. Cette première phase de déploiement constitue un test pour les promoteurs et les partenaires du projet et, selon le directeur général de Zain, Tsiresy Randriamampionona, sera appelé à étendre le projet sur tout le territoire national à un rythme suivant l’adhésion du public à cet outil. Cette opération entre dans la perspective de développement et des engagements de Boa Madagascar en tant que « banque tous publics » selon les termes de Jacques Dilet, directeur général de BOA Madagascar, à aider et accompagner les jeunes entreprises et le public dans leurs activités et, si la pertinence de l’opération se confirme après la période test, elle poussera toutes ses agences dans toute l’île à fédérer les PME sur le site SME Toolkit. Notons que la Banque Mondiale à travers IFC, Zain par l’outil SME Toolkit et Boa Madagascar ont gardé la gratuité quant à l’accès aux services offerts par le site internet et le CD. La gratuité s’étend également sur les conseils dispensés par les cinq premières agences de la BOA Madagascar, sachant que les agents y ont suivi une formation certifiée par l’IFC pour guider le public dans l’utilisation de SME Toolkit.

samedi 11 septembre 2010

ECONOMIE MALGACHE


Agrégat monétaire M3


L’agrégat monétaire M3, ainsi que la base monétaire pour cette année 2010 maintiennent plus ou moins leurs stabilités. Mais depuis le mois de février, les dépôts en devises ont commencé à baisser jusqu’au mois de juin car la différence entre la masse monétaire M3 et la base monétaire se resserre petit à petit. Cela pourrait être due à la diminution palpable de l’arrivée de touristes aux frontières entre janvier et février, mais qui est logique du fait du caractère saisonnier de notre secteur touristique. Cette diminution va de 17910

touristes en janvier à seulement 11 087 touristes pour le mois de février. Des effectifs qui ont entraîné une baisse des apports en devises des touristes de 4,87 millions de DTS (Source : TBE00). Quoiqu’il en soit, la monnaie M3 est de plus en plus abondante, son évolution est en croissance forte surtout depuis le mois d’août 2009 où le taux directeur de la BCM est descendu à 9,5%. De son côté, les crédits de la BCM à l’Etat ont gonflé pour cette année, par rapport à l’année précédente. Mais son évolution depuis janvier 2010 est presque stagnante comme les crédits à l’économie d’ailleurs. Ces derniers sont stables mais leurs composants connaissent des changements. En effet, la part des crédits octroyés à court terme aux particuliers affiche une tendance à la hausse contrairement à ceux à moyen et à long terme. On peut en déduire que les investissements privés à long terme ne sont pas prêts de redémarrer. Par contre, on peut aussi avancer l’interprétation selon laquelle le secteur privé cherche à maintenir ou à revenir à un niveau d’activité raisonnable. Les consommateurs aussi essaient également de revenir à leur niveau de consommation d’avant la crise. Les taux des banques commerciales n’ont pourtant pas beaucoup changé depuis janvier. Les dépôts dans les banques commerciales sont essentiellement des dépôts à vue d’après Ndriana Ralaimanisa de la BNI Madagascar. Cela ne permet donc pas aux banques commerciales de modifier leurs offres de crédits malgré leurs surliquidités actuelles. De plus, le taux directeur est resté à 9,5% et l’estimation des risques n’a pas connu de changement. L’existence du marché interbancaire est aussi un des facteurs qui permettent aux banques commerciales de garder une telle stabilité de leurs taux d’intérêt. Du côté du taux de changes et des parités, l’Ariary a beaucoup fluctué surtout vis-à-vis de l’Euro. Cette fluctuation date des années précédentes mais depuis 2009, on peut dire que l’Ariary est en moyenne assez stable malgré les incertitudes économiques. Les analystes avancent aussi que la fluctuation de la monnaie nationale de cette année dépend, surtout pour le cas de Madagascar, de l’évolution de l’économie internationale. Mais certains banquiers n’hésitent pas à avouer en privé que la valeur actuelle de l’ariary n’est pas conforme à la situation économique et à la santé financière du pays.

mercredi 8 septembre 2010

ECONOMIE MALGACHE





Situation 2010

Madagascar se tourne lentement vers l’intérieur et met en valeur ses propres ressources : minerais, pétrole, mines, agriculture, commerce intérieur interrégional,... Les propos de Andry Rajoelina, Président de la Haute Autorité de la Transition, à la signature des accords politiques, point d’achoppement du déblocage de la situation politique, et donc économique, confirment ce fait et les organes de décentralisation tels que les régions sont mis à contribution dans cette poussée.

L’exemple de la région Analanjirofo illustre ce fait, quand elle a décidé de se mettre en relation commerciale directe avec la région de Bongolava, premier fournisseur de bovidés. En effet, cette dernière peine à écouler la majorité de ses produits hors de la région et parallèlement, la région Analanjirofo doit écouler ses produits (riz, letchi, …) qui ne sont exportés qu’à hauteur de 5% à 8% de la totalité de la production. Cinq régions, Analanjirofo (agriculture de rente), Bongolava (bovidé), Itasy (agriculture), Atsinanana (port de Toamasina), et Analamanga (gisement de consommateurs) ont décidé de mettre en place le Centre Régional d’Informations Economique CRIE pour identifier les besoins et les offres de chaque région pour doper le commerce intérieur et que chaque région bénéficie réellement des ristournes sur chaque opération commerciale. Ce projet est en cours de ratification et de réalisation.


Repère 1

Le taux d’inflation est révisé à la baisse, de 13,7% dans la loi des finances initiale LFI à 9,7% à la loi des finances rectificative LFR. Le PIB nominal en milliards d’ariary est de 20.242,6 dans la LFI et 18.225,5 dans la LFR. Le taux de réalisation des recettes fiscales est de 84% à la fin 2010. Le taux de pression fiscale est de 10,5%.

Repère 2

Les recettes fiscales sont de 2117,4 milliards d’ariary dans la LFI et de 1904,7 milliards d’ariary dans la LFR. Les recettes non fiscales sont en hausse significative, de 55,2 milliards d’ariary dans la LFI à 273 milliards d’ariary dans la LFR, y compris le versement de 100 millions de dollars par Wisco.

Repère 3

L’indice de production industrielle IPI est en baisse, (base 100) 150,9 en 2008 et 131,6 en 2009. Les prix raisonnables en Chine incitent à l’importation d’unité d’industrielle et au montage direct sur site. Les exportations s’élèvent à 676 millions de DTS en 2009 contre 828,9 millions de DTS en 2008. Baisse également sur les importations de 2.140,9 millions de DTS en 2008 à 1.463,3 millions de DTS en 2009.

(Cet article a été édité avant LFR)

mardi 7 septembre 2010

IMMOBILIER AMENAGEMENT



L'intérêt des espaces ouverts


Les zones privatives sont sont les surfaces qui sont la propriété exclusive de chaque occupant d’un immeuble ou d’un lotissement de maisons individuelles. Ces zones englobent les surfaces closes (maisons ou appartements) mais aussi les zones ouvertes telles que les terrasses et balcons, les cours et les patios, les abris pour voitures. Ce sont généralement les zones qui ne sont pas concernées par la copropriété (Journal de l’Economie n° 14) dans le cas d’un immeuble ou d’un lotissement de maisons individuelles. Les zones privatives ouvertes, d’un point de vue architectural donnent la possibilité d’un ensoleillement supplémentaire à ce que les ouvertures classiques (fenêtres et baies vitrées) apportent. Souvenons-nous des immeubles en blocs des années 60 quand l’état a décidé de démarrer l’occupation des plaines inondées d’Ampefiloha et des 67ha. C’était du temps où on construisait en série du fait du manque de zones constructibles et de logements dans la capitale. Les résultats ont certes beaucoup aidé la population, surtout les fonctionnaires qui étaient prioritaires sur l’acquisition d’appartements dans ces zones. Mais force est de constater après un demi-siècle d’usage que ces grands ensembles, aussi bien dessinés qu’ils soient, ont fait leur temps. Surtout qu’ils ont créé des individus très introvertis qui sont tournés vers eux-mêmes du fait surtout de la nature de leur logement qui sont des appartements sombres où les seules ouvertures sont des fenêtres et des balcons, s’il y en a, et le reste de leur vie se joue sur les 80m² enfermés par quatre murs. Avec ces ensembles d’immeubles sont aussi nés les premiers rapports de voisinages qui sont surtout jalonnés de conflits de promiscuité propres aux immeubles. Les mêmes ambiances de méfiance que les barres d’immeubles en Europe qui ont connu les mêmes problèmes évoqués une fois par mégarde par le président Chirac et que les gens qui y vivent rencontrent au moins une fois par jour : « … le bruit et l’odeur… ».

Effectivement, les habitants d’immeubles se connaissent sans se voir : ils sont habitués à remarquer les bruits et les odeurs qui reviennent toujours aux mêmes moments, des voisins qui rentrent, d’autres qui se disputent du même sujet que la dernière fois, ceux d’en bas qui sont en train de cuire leurs plats préférés… Et des générations ont connu les mêmes habitudes et les mêmes sensations qui ont été héritées de celles d’avant. La télévision et l’ordinateur sont passés par là et qui ont renforcé les comportements introvertis des gens et qui les ont encore plus éloignés les uns des autres.

C’est de cette problématique que les architectes d’aujourd’hui tentent de tirer des solutions qui non seulement embellissent les immeubles mais surtout qui font que les gens se croisent au moins une fois dans une journée. N’ont-ils pas créé les patios, ces zones qui sont à la fois fermées sur elles-mêmes mais qui sont partagées, ne serait-ce que visuellement par deux appartements qui se trouvent au même étage. De ce fait, les habitants se lancent « des petits coucous » qui ont manqué dans les années 80, années réputées dures où les gens gardaient les distances, se méfiaient les uns des autres. Heureusement, aujourd’hui, les architectes proposent des solutions liées aux problématiques sociales générées par les nouveaux rapports créés par les offres des promoteurs immobiliers. Patios, cours, entrées partagées par les usagers du même étage, verrières créées pour deux appartements contigus, piscine chauffée et couverte, … Toutes les solutions sont explorées par les nouveaux promoteurs pour que les gens se croisent, pour qu’ils se créent des moments de décrispation sur leurs rapports, pour qu’il y ait des échanges hors des tensions créées par les inégalités et les variétés des occupants des immeubles et des lotissements. Il est révolu le temps où un type d’offre immobilière est destiné à un groupe social complètement fermé à d’autres. Ce problème est d’actualité depuis que les malgaches, les indo-pakistanais, des occidentaux, et d’autres étrangers, nouveaux venus dans la vie économique de Madagascar, se sont retrouvés copropriétaires de mêmes immeubles, mêmes lotissements créés durant les années 2000 jusqu’à aujourd’hui. Les offres sont aujourd’hui accessibles à plusieurs communautés. Les communautés exclues se targuent actuellement de pouvoir s’offrir ce à quoi ils étaient financièrement mais surtout socialement exclues auparavant. Evidemment, les prix sont toujours élevés, mais la tendance est à l’ouverture. Ce qui nous promet des relations sociales plus détendues, ce qui est très utile par rapport à l’époque que nous traversons actuellement où il est demandé à tout un chacun le minimum d’ouverture, le minimum d’acceptation de l’autre. Et tout cela commence là où on habite.

mercredi 1 septembre 2010

TELECOMMUNICATIONS


Life - Madamobil

Le secteur en ébullition

Le 22 février 2010, le ministre Augustin Andriamananoro reprend à nouveau la plume pour réitérer à Madamobil son interdiction d’exploitation et de toute communication commerciale. Il donne aussi sept jours à la société pour payer « les sommes dues », faute de quoi le ministère « procèdera à l’annulation du transfert et à sa révocation ». Mais le 23 février, Hermenegilde Razafindrainibe, représentant des ex-employés d’Intercel, informe Eric Razafindratandra qu’ « ils ne souhaitent pas continuer l’action en justice engagée contre Madamobil ». Les ex-employés d’Intercel considèrent cette action inutile et coûteuse et ne leur permettra pas de recouvrer leur créance. Ils déclarent plutôt vouloir poursuivre Joseph Gatt, l’ancien propriétaire d’Intercel, ainsi que ses sociétés offshores. L’OMERT évite de prendre position et se contente de dire au liquidateur qu’il est « d’accord pour rechercher de nouvelles voies dans le recouvrement de ses dettes, à conditions que lesdites voies lui soient soumises au préalable et obtiennent son approbation ».

Le 24 février 2010, le Premier Président de la Cour d’Appel d’Antananarivo suspend l’exécution provisoire de l’ordonnance de référés n°9436 qui interdit notamment à Madamobil d’utiliser la licence. Fort de ce revirement de situation, Madamobil écrit au ministre des PTT et lui fait savoir que d’après l’avis de Madagascar Law Offices de Sahondra Rabenarivo, le fait d’avoir reçu les fréquences ne la fait pas hériter des dettes. Madamobil poursuit dans sa lettre que « le fond du dossier n’est pas tranché et rien ne permet donc de considérer que Madamobil est juridiquement responsable des dettes d’Intercel ». Et cette société d’informer le ministre qu’elle va contester son interdiction d’exploitation devant les tribunaux administratifs pour cause d’excès de pouvoir, outre des actions auprès de la justice internationale. « En cas de retrait de licence, nous demanderons réparation auprès du CIRDI » écrit également Madamobil. En outre, pour cette dernière, Telma ne peut pas lui réclamer aujourd’hui les dettes qu’elle a refusées hier. Entendre par là que Madamobil a bloqué quelques 27.5 millions d’euros à la HSBC pour payer les dettes d’Intercel, tandis que Telma a malgré tout préféré intervenir pour faire liquider Intercel plutôt que de se faire rembourser. Madamobil demande alors au ministre d’organiser une rencontre au sommet avec toutes les parties prenantes. A noter que Madamobil a également déclaré que sans le blocage de Telma au rachat, elle aurait été opérationnelle depuis 2006. Mais le ministre Andriamananoro n’accèdera pas à la sollicitation de Madamobil et ordonne au contraire au patron de l’OMERT d’annuler le transfert de la licence. Madamobil contre-attaque en déposant au Bianco une plainte de réserve à l’encontre de X pour accord d’exonération et franchises illégales à Telma et abus de fonction contre Madamobil. L’affaire prend alors une autre dimension. Le 31 mars 2010, l’OMERT écrit au conseiller spécial du Premier ministre que le ministre des télécoms est habilité à transférer la licence d’Intercel aux termes de l’Arrêté 95-001. Cet organe explique également que la théorie générale des obligations et la théorie générale sur les lois nouvelles veulent que la situation juridique créée par l’Arrêté 9-001 soit respectée par la loi 2005-023. L’OMERT poursuit que « l’acte de transfert pris par l’OMERT est un acte administratif susceptible de recours devant le Conseil d’Etat, mais qu’il n’est plus contestable après trois mois (forclusion) ». Pareillement, la décision de retrait est selon l’OMERT de nature réglementaire et les motifs évoqués doivent figurer explicitement dans la réglementation, ce qui n’est pas le cas malgré les injonctions du Ministre. L’organe de régulation conclut alors qu’il lui sera difficile de prendre une décision de révocation alors même que l’affaire est devant la justice et qu’« il n’est pas opportun économiquement et socialement de révoquer la licence ». De son côté, Madamobil dépose une requête au Conseil d’Etat aux fins de recours pour excès de pouvoir, pour faire annuler la lettre n°10/042 du ministre des Télécommunications (interdiction d’exploiter, de commercialiser et ultimatum de 7 jours pour « payer les sommes dues ») et pour dédommagement de 15 millions USD. Mais Madamobil informe également la Primature qu’elle recherche une solution à l’amiable car sa vocation première est d’investir. Et la société de terminer sa lettre en réitérant qu’elle souhaite discuter et négocier cette affaire au plus tôt.

Une note technique sur le dossier Madamobil écrite le 25 mai 2010 par le Secrétariat Général du Gouvernement (Primature) rapporte que « le cahier des charges d’Intercel fait loi entre les parties et donc s’impose aux tiers quels qu’ils soient » et que « la Loi 2005-023 ne peut pas s’appliquer aux effets de droit créés par la licence de l’Arrêté 95-001 (en vertu de la loi 62-041) ». Cette note mentionne également que « la révocation du transfert risque l’annulation par le Conseil d’Etat » et qu’il est préférable de « dialoguer avec Madamobil pour trouver une solution amiable ». Dans sa pièce numéro 2, la note précise aussi que « le transfert de l’OMERT est donc légal » et que « la licence n’est pas un actif d’Intercel, mais un bien du domaine public de l’Etat faisant seulement l’objet d’une autorisation d’exploitation ». Enfin, la note propose de « procéder à une solution à l’amiable avec Madamobil ; cela afin d’éviter des procédures qui pourraient ternir l’image de l’Administration. Le 17 juin 2010, le désistement du liquidateur est accepté par le Tribunal de 1ère instance d’Antananarivo et le blocage de la licence prend donc fin sans qu’elle ait été tranchée sur le fond. Madamobil, dans sa lettre du 3 juillet 2010, écrit au DG de l’OMERT que le litige devant le Tribunal de Première Instance a pris fin définitivement avec le désistement du syndic d’Intercel. Madamobil estime en outre que le transfert de licence ne peut plus être remis en cause et que par conséquent elle demande une lettre de demande d’interconnexion vers les opérateurs. Mais Telma ne s’avoue pas vaincue est déclare s’être fait nommer « contrôleur de liquidation » par la masse des créanciers d’Intercel, et ce à titre aurait assigné le nouveau syndic, Eric Razafindratandra, en justice pour contester son désistement. Le 14 juillet 2010, le ministre des Postes et des Télécommunications Iharizaka Rahaingoson, nommé au mois de mai, adresse une lettre au Président de la Haute Autorité de la Transition Le ministre rappelle au Président qu’il a eu mandat de réformer le secteur et que Madamobil est un élément bloquant dans son travail et l’empêche de continuer sereinement la réflexion sur la réforme. Le Ministre informe également le Président de la HAT qu’il a étudié en profondeur le dossier et estime que la licence est effectivement illégitime mais qu’elle reste malgré tout légale. Le Ministre estime en effet que le mode d’obtention de la licence par Madamobil est une faille dans la réglementation à cause de son évolution chaotique au fil du temps. Le Ministre estime également que quelles que soient les autres affaires judiciaires concernant Madamobil, elles ne concernent plus le blocage de la licence et ne doivent donc pas interférer dans l’application de la réglementation télécoms. Et le Ministre de continuer que « le blocage du dossier est maintenant entre mes mains, ceux du Premier ministre et les vôtres vu les lettres de mon prédécesseur que je ne veux annuler sans votre consentement ». Iharizaka Rahaingoson n’obtiendra jamais d’entretien avec le Président malgré cette lettre et les nombreuses sollicitations qu’il aurait faites auparavant. L’OMERT écrit le 12 août 2010 aux dirigeants des opérateurs télécoms : « Nous faisons suite au jugement n°139-C. Nous vous rappelons que vous avez obligation d’interconnexion ». Le Premier Ministre réagit presque immédiatement et malgré les notes techniques sur le dossier qui lui expliquent clairement la situation (OMERT, Primature/DLC et Primature/SGG), ordonne au ministre des PTT d’annuler les lettres de l’OMERT et de ré-interdire l’interconnexion des opérateurs. Le 17 août, le ministre Rahaingoson rencontre les membres de la presse pour leur expliquer la situation et affirme que légalement, il n’y a plus lieu d’interdire Madamobil d’exploiter sa licence dont le blocage a été levé par décision de justice n°139-C du jeudi 17 juin 2010. Le même jour, lors du Conseil de Gouvernement qui a suivi cette rencontre avec les journalistes, il remet sa lettre de démission n°10/184-MTPNT/CAB au Premier Ministre en expliquant l’impossibilité de travailler dans des conditions qui sortent de la stricte légalité. Dans la nuit du même jour, la Présidence de la HAT abroge la nomination du Ministre des Postes et des Télécommunications pour « insubordination hiérarchique » par Décret n°2010-759. Le 18 août 2010, soit moins de 24 heures après sa démission, l’Inspection Générale de l’Etat se présente au ministère des PTT avec comme ordre de mission de procéder à une inspection budgétaire, financière et comptable. Iharizaka Rahaingoson demande alors à l’IGE de réaliser l’inspection pour la totalité des exercices 2009 et 2010 et en précisant bien les dates et les acteurs dans le futur rapport. Le lendemain, c’est le Bianco qui appelle le ministre démissionnaire pour l’informer d’une convocation pour s’expliquer en tant que témoin sur l’affaire Madamobil. A travers un communiqué, le ministre a déclaré qu’il est disposé à remettre tous les dossiers concernant Madamobil et se met à la totale disposition de l’IGE et du Bianco.


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